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« Les écrivains algériens n'ont pas pris une position tangible pour l'indépendance »



« Les écrivains algériens n'ont pas pris une position tangible pour l'indépendance »
Les écrivains algériens de la période coloniale à l'exemple de Mouloud Feraoun, Mohamed Dib ou encore Kateb Yacine, n'ont pas pris une position tangible sur l'indépendance de l'Algérie», a déclaré, hier, l'écrivain et critique, Hamid Grine, à la faculté des lettres et des langues de l'université Constantine 1, où il donnait une conférence portant sur son expérience d'écrivain et de critique.Et d'argumenter sa critique en ces termes : «A l'exception de quelques-uns, comme Redha Malek, Mouloud Mammeri, ou encore le Français Jean Daniel, qui ont agi de manière palpable au sujet de notre indépendance, aucun des hommes de lettres algériens, ou autres élites, -au talent irréprochable-, de l'Algérie coloniale, n'ont usé des medias internationaux pour véhiculer un message franc qui pouvait porter la voix de l'Algérie à l'étranger. Ce message aurait pu être simplement : ? moi, auteur X, je déclare que je suis pour l'indépendance de l'Algérie'. Bien au contraire, il y avait parmi ces romanciers et journalistes ceux qui avaient plutôt soutenu l'assimilation ; bon nombre d'entre eux ont été fascinés par la figure d'Albert Camus ; il est vrai que celui-ci a beaucoup traité, à travers ses écrits, la répression du peuple algérien, en dépit du fait qu'il était européen, ce qui explique qu'il ne se soit pas autant engagé pour défendre sa liberté et son autonomie. A contrario, nos élites devaient le faire de manière manifeste, il ne suffit pas de compter sur le roman pour s'exprimer au sujet du colonialisme.»Ayant pris part à cette rencontre, Dr Nedjma Benachour, enseignante au département en question, livre son avis sur la question: «L'écriture romanesque implique une certaine finesse. Concernant l'indépendance de l'Algérie, nos écrivains à l'exemple du grand Kateb Yacine sont entièrement engagés ; la littérature katebienne, notamment ses pièces de théâtre, en est la preuve.» Concernant la critique littéraire, Hamid Grine estime que celle-ci n'entre pas dans un cadre théorique ; selon lui, ses critiques n'ont de référentiel que l'ouvrage lui-même. Rappelons que Hamid Grine est l'auteur de sept livres sur le sport, et de plusieurs romans. Citons, à titre d'exemple, La dernière prière paru, en 2006, aux éditions Alpha, et Le café de Gide, publié en 2008 par la même maison d'édition. Notons que l'écrivain s'attelle actuellement à un nouvel ouvrage traitant d'une rescapée du génocide de Bentalha.


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