Le prix officiel du pain en Algérie est fixé dans le marbre d'un décret exécutif qui remonte à 1996. Les boulangers se disent menacés de faillite en raison d'une marge bénéficiaire insignifiante alors que les charges ont augmenté. Ils menacent de se lancer dans une grève de trois dans deux semaines. Le gouvernement ne veut pas d'une augmentation des prix... mais il pourrait accepter la baisse du poids de la baguette.
Réunis mercredi à Oran, une Coordination nationale des boulangers en gestation a décidé qu'une grève de trois jours sera organisée dans quinze jours dans le cas où le gouvernement ne répond pas à ses demandes. La réunion qui a rassemblé des représentants de plusieurs wilayas a été marquée par un « durcissement » de la position des boulangers. Ils ont décidé de mettre la pression sur le gouvernement accusé de « tergiverser » alors qu'il reconnait la légitimité de leurs demandes. Les boulangers qui se disent menacés de faillite en raison d'un cout de production de la baguette supérieur au prix officiel réclament un « soutien direct » du gouvernement similaire à celui qui est appliqué pour les producteurs de lait. Ils affirment que les boulangers et donc les consommateurs ne sont pas les vrais bénéficiaires de la subvention pour le soutien au prix de la farine. Selon eux, l'Algérie importe 54 millions de tonnes de farine par an alors que les boulangers n'utilisent que deux millions de tonnes. En clair, la subvention pour le soutien au prix de la farine panifiable ne bénéficie pas vraiment aux boulangers. Pour rappel, le prix de la baguette reste officiellement fixé à 8,50, en vertu d'un décret exécutif qui date d'avril 1996. Intenable, selon les boulangers, qui exhibent une étude, qu'ils ont réalisée, estimant le prix de revient de la baguette de pain à 11,729 dinars. Youcef Kalafat , le président de l'Union Nationale des Boulangers (UNB) relevant de l'UGCAA (Union générale des commerçants et artisans algériens), qui semble être débordée par la « coordination » en gestation, a indiqué que les boulangers ne cherchent pas une augmentation du prix du pain mais veulent une « marge bénéficiaire d'au moins 20% sur le prix de revient ».
Pas touche au prix, mais au poids c'est envisageable !
Les boulangers font valoir que les charges ont augmenté de manière sensible avec un SNMG qui est passé de 4000 dinars en 1996 à 18.000 dinars aujourd'hui tandis que les cotisations patronales de sécurité sociale sont passées de 8.000 à 32.000 DA. Ils réclament aussi la suppression d'une disposition qui permet la vente du pain hors des boulangeries tout en acceptant que des dépôts de pain, régis comme des boulangeries, puissent être créés dans les régions isolées. Une commission installée au niveau du ministère du commerce (Commerce, Finances, Union nationale des boulangers (UNB), Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et Eriad (Entreprise des industries alimentaires, céréalières et dérivés), a été chargée d'évaluer le cout réel de la baguette. Elle devrait rendre ses conclusions à la fin mars. « A partir de là, on pourra proposer des solutions», a déclaré le ministre du commerce Mustapha Benbada. Le ministre, soucieux de ne pas toucher au prix du pain, pourrait cependant aller dans le sens d'une diminution du poids de la baguette, une option que certains qualifient de subterfuge pour augmenter le prix de facto. Le ministre a indiqué en tout cas qu'il n'était pas question d'octroyer une nouvelle subvention au prix de la farine en raison de sa lourde incidence sur le budget de l'Etat. Il a souligné que les boulangers ont refusé une proposition de défiscalisation totale des boulangeries qui ne font que du pain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Oussama Nadjib
Source : www.maghrebemergent.info