Les fabricants de produits électroniques qui ont soulevé les différents risques que comporte la substitution du paiement cash des importations des kits SKD-CKD par un paiement différé de neuf mois, décidée par la Banque d'Algérie (BA), sont invités par les banques à trouver les solutions les plus efficaces à tous ces problèmes.Le président de l'Association des banques et établissements financiers (Abef), Ibrahim Semid, a appelé, jeudi, les entreprises du secteur de l'industrie électronique et électroménagère, soumises au dispositif de paiement différé pour l'importation des kits nécessaires à leur activité, à se rapprocher des banques pour trouver "les meilleures solutions" aux contraintes qu'elles peuvent rencontrer.
Répondant, en marge d'une journée d'étude sur l'épargne, à une question sur le mécontentement exprimé par des fabricants de produits électroniques quant à la mise en application de cette mesure de la banque des banques, M. Semid a expliqué que le paiement différé "ne veut pas dire un arrêt de l'activité. Ces entreprises doivent s'adapter aux instructions de la Banque d'Algérie".
Le Collectif des fabricants de produits électroniques et électroménagers avait, faut-il le rappeler, mis en garde, mardi dernier dans un communiqué, contre les conséquences que peut engendrer la décision de la BA, notamment "la perte ou le manque à gagner aux banques algériennes au profit des banques étrangères car, à travers un différé de paiement de 9 mois, l'opérateur algérien n'aura plus besoin du crédit d'exploitation auprès de sa banque algérienne".
Et suite au refus de la majorité des fournisseurs de se conformer au nouveau mode de paiement, la "quasi-totalité des opérateurs n'a pas pu lancer les commandes de matière première et de kits", a relevé le collectif. De ce fait, un "nombre considérable" de fabricants algériens se trouve, selon la même source, dans l'obligation d'arrêter la production même dans le cas où la note serait annulée d'ici au début du mois de décembre.
"L'arrêt de production est inévitable et surseoir cette note peut seulement éviter cet arrêt sur le long terme", ont précisé les membres de ce collectif. Ces producteurs ont, en effet, évoqué la "cessation de la production début décembre et la mise au chômage de plus de 40 000 employés qu'emploie l'activité de cette filière", si des solutions ne sont pas trouvées dans l'immédiat. Pire, le Collectif a indiqué que "quelques opérateurs ont d'ores et déjà procédé à un plan de compression de leurs effectifs".
Le Collectif a également évoqué l'augmentation de la facture d'importation des produits électro-domestiques et de téléphonie de 7 à 10%, en devises. "Un nombre minime de fournisseurs a accepté le nouveau mode de paiement, mais avec une hausse du prix variant de 7 à 10%. Cette augmentation doit couvrir les frais de leurs banques et assurances engendrés par ce type de paiement", ont constaté ces opérateurs.
L'on parle aussi de risque de "pénurie des produits concernés avec pour conséquence une hausse des prix de ces derniers", de "perte en taux de changes surtout que la durée est très longue (9 mois)" et de "retour au régime d'importation en produit fini"... À propos de cette mesure, la ministre de l'Industrie et des Mines, Mme Djamila Tamazirt, a estimé que "la relation de crédit fournisseur par rapport à un partenaire fidélisé ne poserait pas problème en cas de paiement sur neuf mois".
Le crédit fournisseur et le crédit client doivent être, a-t-elle expliqué, "négociés entre les opérateurs économiques". Elle a affirmé que la formule de paiement sur 9 mois a été retenue par le gouvernement dans le but de préserver les réserves de changes du pays. Mme Tamazirt a, cependant, souligné que "cette disposition n'est pas rigide" et qu'une évaluation sur le terrain sera effectuée suite à sa mise en ?uvre et pourrait aboutir, si nécessaire, à un réexamen de cette disposition.
B. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Badreddine KHRIS
Source : www.liberte-algerie.com