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Les automobilistes tunisiens s'y mettent aussi Trafic de carburant à la frontière Est



Hausse de la contrebande et baisse de la criminalité. Tel est le bilan du premier semestre présenté, hier, par les officiers du commandement de la 5e Région Est qui regroupe 15 wilayas. Un bilan marqué par la baisse de la criminalité en tous genres mais par la hausse de la contrebande à la frontière Est et des accidents de la circulation. Ainsi, l'officier chargé de la communication au niveau du cinquième commandement, Abdelhakim Hamouche, a affirmé que les affaires de trafic de marchandises à nos frontalières Est sont en hausse de 17,5%, soit 1.330 affaires. Jusqu'à juin dernier, la police judiciaire a procédé à l'arrestation de 268 personnes et à la saisie de 218 véhicules. « En raison du déploiement de renforts et de l'intensification des contrôles sur les routes menant aux frontières, les contrebandiers recourent de plus en plus au bétail pour transporter leur marchandise », a indiqué l'officier. Ainsi, 1.171 bêtes ont été saisies, soit une hausse de 105%. Concernant le trafic de carburant, les brigades de la gendarmerie ont saisi aux frontières tunisiennes une quantité de 353 284 litres, soit 36,25% de plus par rapport à la même période en 2012. Cette quantité représente près de 52 milliards de centimes.« Nos gendarmes subissent des agressions de la part des trafiquants et de leurs familles »
Aujourd'hui, la tension au niveau des frontières est telle que le lieutenant-colonel chef régional de la PJ, Rachid Benabdelaziz, n'hésite pas à parler de « pression psychologique » que subissent quotidiennement les brigades de la gendarmerie travaillant dans la région. « Nos agents subissent tous les jours des agressions de la part des trafiquants et de leurs proches. Il y a quelques semaines, un de nos agents a reçu une plaquette de frein en plein visage, ce qui lui a fait perdre un 'il. C'est pourquoi nous avons envoyé des renforts notamment pour le maintien de l'ordre, car compte tenu de l'hostilité à l'égard de nos agents, il est toujours difficile d'interpeller des trafiquants chez eux. Leurs familles et leurs proches protestent et ferment les routes au moindre accrochage avec nos agents. Nous n'utilisons plus d'armes à feu pour éviter tout dérapage », a affirmé l'officier supérieur. Selon lui, le trafic de carburant ne pourra être vaincu ou réduit efficacement sans l'aide et l'implication des citoyens, d'autant que le phénomène prend des proportions alarmantes. « Le trafic ne concerne pas seulement les régions frontalières, aujourd'hui, il y a beaucoup de barons qui sont originaires des villes de l'intérieur, comme Oum El-Bouaghi, Annaba, Batna ou Khenchela. L'an dernier, nous avons par exemple saisi au poste frontalier d'El Ayoun, un camion-citerne contenant 23.000 litres de carburant, venant de Tadjenanet (wilaya de Mila) », affirme-t-il. Et pour ne rien arranger, les automobilistes tunisiens s'y mettent aussi. « Nous avons mené une étude sur les automobilistes tunisiens qui passent nos frontières, et ils sont près de 129 000 à l'avoir fait en six mois, soit 722 véhicules par jour. Imaginez que chaque voiture fait le plein à chaque fois qu'elle pénètre sur le sol algérien. Nous avons répertorié 113 stations d'essence tout le long de la frontière avec la Tunisie », signale-t-il
Les accidents de la circulation en hausse
Concernant les accidents de la circulation, l'officier Hamouche a indiqué que du 1er au 15 juillet, la Gendarmerie nationale en a enregistré 536 dans la région Est qui ont fait 73 morts et 980 blessés. A noter que la hausse des accidents routiers est également constatée pour ce premier semestre de l'année 2013 par rapport à la même période de 2012. 4 368 accidents enregistrés, soit une augmentation de 8% (plus 324) qui ont fait 504 décès et 7 599 blessés, soit 52 décès et 454 blessés de plus. Le facteur humain est à l'origine de 91% des accidents, estime M. Hamouche.
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