Mila - A la une

Le vivier de Daech



Le vivier de Daech
Confrontés à une croissance inquiétante du nombre de volontaires qui vont combattre au Moyen-Orient, les Etats des Balkans s'empressent de juguler cette tendance alimentée par un marasme économique généralisé qui fait de la région, une terre fertile de recrutement pour les filières extrémistes. Selon les médias régionaux, citant un récent rapport attribué à l'agence américaine CIA, des centaines d'entre eux ont rejoint les rangs de l'Organisation islamique (Daech), un chiffre les plaçant tout juste derrière ceux partis de Jordanie, d'Arabie saoudite et de Tunisie. Au Kosovo, la crise politique profonde et l'absence d'opportunités économiques constituent, selon Blerim Latifi, un spécialiste des questions religieuses de l'Université de Pristina, « un facteur très important » pour l'endoctrinement et le recrutement des plus vulnérables. En Bosnie, des centaines de combattants islamistes avaient aussi rejoint les forces musulmanes bosniennes, pendant la guerre intercommunautaire de Bosnie. Dans les régions de la Serbie et de la Macédoine où les musulmans sont majoritaires, la situation est similaire. « Le gouffre idéologique qui s'est ouvert avec le démantèlement de l'ex-Yougoslavie a été investi par des programmes religieux radicaux et nationalistes », fait remarquer l'orientaliste serbe Darko Tanaskovic, relevant la mue des musulmans des Balkans réputés, pourtant, pour leur esprit de modération lorsqu'ils faisaient partie, au sein de l'ex-Yougoslavie, d'une société « en grande mesure sécularisée ». Le vivier des plus jeunes, surtout les lycéens et les plus pauvres, profite à l'international terroriste. « Des imams radicaux qui souvent ont fait leurs études dans des pays arabes sont chargés de cette tâche, et cela est financé depuis l'étranger. Les cibles préférées sont les lycéens sans perspectives qui, en acceptant le fanatisme, espèrent améliorer leur condition sociale », explique le journaliste Visar Duriqi menacé de décapitation par des islamistes kosovards. De « sérieux troubles » sont ainsi redoutés dans les Balkans considérés comme le « ventre mou de l'Europe » et la rampe de lancement des attaques dans le monde, a fait remarquer Tanaskovic. Une opération coup-de-poing a été menée en Bosnie (16 islamistes arrêtés) et au Kosovo (55 islamistes, dont 12 imams dont l'influent imam de la grande mosquée de Pristina, Shefqet Krasniqi), au moment où les Balkans ont opté pour un durcissement de la législation, prévoyant des peines de prison contre les combattants et les recruteurs.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)