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Le virus semble se propager au Nigeria



L es autorités nigérianes abattent des dizaines de milliers de volailles dans une tentative désespérée de circonscrire le premier foyer du virus H5N1 de la grippe aviaire en Afrique, mais l'épidémie semble pourtant sur le point de se propager, constate le correspondant de l'AFP. Un foyer suspect a été découvert dans l'Etat de Katsina, non loin de la frontière avec le Niger, à 400 km au nord des fermes où la présence du virus H5N1 a été officiellement confirmée mercredi. Les autorités sanitaires enquêtent sur ce nouveau foyer, une ferme dans le district de Rafukka de la ville de Katsina, capitale de l'Etat éponyme. « Nous avons identifié une ferme qui a été infectée par une maladie et nous suspectons que c'est la grippe aviaire », a déclaré à l'AFP par téléphone le commissaire à l'Agriculture de l'Etat de Katsina, Ali Hussein Dutsin-Ma. Selon lui, son Etat pourrait rapidement devenir le quatrième touché par le virus H5N1, qui peut aussi être mortel pour l'homme, après la découverte de l'épizootie dans les Etats de Kano, Plateau et Kaduna. M. Dutsin-Ma a assuré que « les signes visibles de la maladie » dans cette ferme sont identiques à ceux observés dans les cas confirmés plus au Sud où plus de 100 000 poulets, pintades, dindes et autruches sont morts du virus ou ont été abattus. Il a indiqué que des prélèvements ont été envoyés pour analyses à l'Institut de recherche vétérinaire national à Vom (Etat du Plateau) pour établir s'il s'agit du H5N1. « 1116 poulets, qui avaient survécu dans cette ferme, ont été abattus, brûlés puis enterrés » et la ferme mise en quarantaine et désinfectée, a-t-il assuré. Le Niger, comme les autres pays voisins du Nigeria, a déjà décidé d'interdire l'importation de poulets en provenance de ce pays. L'Organisation internationale de la santé animale (OIE) a confirmé, vendredi soir, que le virus H5N1 trouvé au Nigeria est le même que celui qui a frappé les élevages en Asie, en Europe centrale et en Turquie, faisant 89 morts sur 160 cas déclarés selon l'OMS. Pour limiter au maximum le risque de transmission du H5N1 à l'homme, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a demandé la fermeture des marchés de volailles pour limiter la propagation dans le nord du Nigeria suite à la découverte de l'épizootie.Le G8 réitère son aide aux pays pauvresL'Europe n'est pas en reste, où il été confirmé, hier, l'apparition du virus hautement pathogène de la grippe aviaire, le H5N1, dans trois pays : la Bulgarie, la Grèce et l'Italie. Le laboratoire de référence de l'UE à Weybridge (Grande-Bretagne) a confirmé la nature des virus signalés par ces trois pays et la Commission européenne a mis en 'uvre les mesures de protection en interdisant l'importation de volailles, viandes blanches et plumes de ces pays. Les échantillons prélevés sur des cygnes sauvages la semaine dernière dans la région Vidin (Bulgarie), proche de la frontière avec la Roumanie, se sont révélés porteurs du virus H5N1. Les autorités bulgares ont également informé la Commission d'autres cas suspects dans les zones humides proches de la mer Noire. La Commission a également confirmé que des cas similaires à ceux relevés en Bulgarie ont été constatés en Grèce. Des échantillons prélevés en Thessalonique et Pieria sur des cygnes sauvages se sont aussi révélés porteurs du virus H5N1. Les autorités italiennes ont informé la Commission européenne de l'apparition du virus de la grippe aviaire relevé sur des cygnes sauvages trouvés morts sur la côte est de la Sicile, à Taranto et en Calabre. Les ministres des Finances du G8, réunis hier à Moscou, se sont inquiétés des risques de pandémie de grippe aviaire, alors que le très pathogène virus H5N1, détecté pour la première fois dans deux pays de l'Union européenne, poursuit son inexorable progression. « Nous reconnaissons le risque d'une possible pandémie de grippe aviaire et de son impact économique et financier potentiel », ont souligné les représentants de la Russie, de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie et du Japon à l'issue de leurs travaux. Les ministres ont salué les « progrès réalisés » par une centaine de pays lors de la conférence de Pékin en janvier, à l'issue de laquelle ils avaient promis de rassembler près de 1,5 milliard de dollars dans la lutte contre la grippe aviaire. « Nous confirmons nos engagements pris à cette conférence », ont-ils souligné, appelant en priorité « la communauté des donateurs à apporter un soutien financier aux pays pauvres qui luttent contre la pandémie ». Un choix jugé judicieux par le président américain de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, également présent à la réunion des grands argentiers du G8 à Moscou. « Certains des pays en développement les plus pauvres n'ont pas les ressources suffisantes par exemple pour rémunérer de manière adéquate les éleveurs afin qu'ils se débarrassent des volailles malades », a relevé M. Wolfowitz. « Il est tout à fait dans l'intérêt des pays les plus riches d'aider à financer des actions de prévention dans les pays pauvres », a-t-il ajouté, en parlant de besoins financiers « significatifs » pour empêcher que l'épizootie se transforme en une « pandémie mondiale ». Selon l'OMS, sur 165 cas confirmés de grippe aviaire chez les humains depuis 2003, il y a eu 88 décès (4 en Turquie, la plupart en Asie).
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