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Le syndicat de Naftal s'en prend à Sonatrach



Le projet, pas encore officiel, de Sonatrach de réaliser des méga stations-service intégrées, a fait réagir le syndicat national de l'entreprise Naftal, pourtant une filiale à 100% Sonatrach, qui voit en ce projet une forme déguisée d'affaiblir l'entreprise, et qui fait partie d'une série d'entraves orchestrées à son encontre depuis 1986.
Hier, et dans le cadre d'une série de rencontres régionales de concertation avec la base syndicale, le staff du syndicat a organisé à Oran un conclave, consacré essentiellement aux «dessous» de ce projet, qui demeure encore «opaque» et de débattre des positions à adopter au cas où le projet serait maintenu. Ce retour à la base syndicale, a été décidé lors du dernier conseil national, tenu le 17 décembre à Zeralda, et a été entamé par une rencontre similaire tenue à Annaba pour la région Est, et sera suivi d'une autre prévue dans une quinzaine de jours à Bejaia, pour le centre du pays. Lors de sa longue intervention devant plus de 120 représentants syndicaux, Sid Ali Beldjerdi, le secrétaire général du syndicat national Naftal, a mis en relief «les incohérences» qui caractérisent ce projet, ainsi que «les nombreuses injonctions auxquelles fait face l'entreprise». Il a précisé que ce regroupement permettra une mobilisation générale, pour défendre les intérêts de l'entreprise qui fait l'objet de «convoitises et de desseins occultes». Pour le responsable syndical, «ce conclave est placé sous le signe de l'impératif absolu de sauvegarder l'entreprise, dans une conjoncture où la concurrence déloyale bénéficie d'une attention particulière qui a laissé les règles de bazar s'imposer». Et de souligner, la nécessité d'éviter toute sorte de laxisme, car il s'agit d'une entreprise assurant un service public névralgique, dont dépend grandement la stabilité sociale. En somme, une attitude de résignation est synonyme, selon lui, d'une complicité de mise à mort de l'entreprise et une participation à la rédaction de son extrait de décès. Tout en disant refuser de subir le diktat des concurrents, le responsable syndical change de ton en rejetant le bradage de Naftal, son affaiblissement au détriment de la concurrence déloyale. A ce titre, il déclare : «nous ne pouvons tolérer que Naftal soit reléguée, malgré elle, à cause des injonctions, au rang d'entreprise au service de pseudo opérateurs économiques, qui puisent de l'argent de l'Etat pour investir au lieu de l'encourager à pérenniser son caractère d'entreprise citoyenne». Il a précisé à cet effet, que le syndicat n'a aucun sentiment d'animosité envers l'opérateur privé, mais tient à dénoncer les pratiques de ces prédateurs et spoliateurs des richesses nationales. Sans aller par quatre chemins, l'intervenant déclare que Naftal est visée et que le personnel, estimé à 30 000 agents, ne restera pas les bras croisés. Sonatrach, selon lui, favorise les opérateurs privés au détriment de sa filiale, car sinon comment expliquer que le groupe répond favorablement à toutes les demandes des opérateurs privés et des multinationales, sans prendre en considération la nécessité de préserver les parts de marché de Naftal. Cette situation a engendré un climat de malaise du fait que Naftal est menacée, à titre d'exemple, dans le marché des lubrifiants, un créneau important pour son chiffre d'affaires. Il explique que ces opérateurs n'ont fait que se greffer au tissu économique à travers les avantages qu'offre la péréquation qui les épargne d'obligations imposées à Naftal, à l'instar du marché du gaz butane. Il est inconcevable qu'on impose à Naftal d'importer des bouteilles de gaz pour les besoins de ces opérateurs, dira le syndicaliste. Naftal vient d'importer 23 millions de bouteilles, dont une grande partie est destinée aux opérateurs privés, en plus de leur maintenance, alors qu'en revanche, l'interchangeabilité à sens unique n'est imposée, que pour Naftal.
M. Beldjerdi dénonce le fait que naftal serve la logistique de ces opérateurs et que le moment est venu pour qu'ils se prennent en charge et de jouer franc jeu. En conclusion, le responsable syndical interpelle les responsables de Sonatrach pour soutenir Naftal, et non la menacer sur son propre terrain.
A ce sujet, l'appel d'offres lancé par le groupe, pour la réalisation de nouvelles rampes de chargement de carburant et de GPL au profit des opérateurs privés, permettra à ces derniers de moins investir et de bénéficier des investissements publics. En revanche, aucun investissement n'est prévu au profit de naftal, qui s'inscrit pourtant dans une logique de service public, et qui a assuré en grande partie la disponibilité du bitume pour le projet de l'autoroute Est Ouest. En clair, Naftal, selon le responsable syndical, ne doit pas endosser les perturbations constatées dans le marché des carburants et des lubrifiants, étant donné qu'il s‘agit d'un problème de raffinage et dont les investissements sont du ressort de Sonatrach, au même tire que la recherche et le développement. Cette intervention a été suivie par celle d'un membre de la fédération nationale des pétroliers (FNTPGC) dont le contenu a été similaire sur deux points essentiels à savoir: le rejet de la concurrence déloyale de la part de Sonatrach et l'annulation de ce projet «irréfléchi et aux conséquences graves». Notons, par ailleurs, que le syndicat national de Sonatrach a adressé une motion de soutien au syndicat naftal à travers laquelle, il réitère sa position de rejet de toute action visant à affaiblir naftal. Lors d'un point de presse, M Beldjerdi a révélé qu'une réunion a été tenue le 3 janvier, dernier entre le syndicat et le P-dg de Sonatrach, consacrée à cette question, mais qui a été vaine du fait que les deux parties ont campé sur leurs positions respectives et qu'aucun détail n'a été révélé sur ce projet. A ce titre, le responsable syndical s'interroge sur les contours de ce projet et qui demeure encore une inconnue si l'on se réfère aux déclarations du numéro un de la compagnie, qui s'est limité à déclarer : «ce projet vient d'en haut». Dans l'immédiat, le syndicat espère un retour à la table du dialogue afin d'entrevoir des solutions permettant de sauvegarder les intérêts de naftal. Dans la cas contraire, le syndicat étudiera les positions à adopter en temps opportun.
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