DE NOS JOURS
Maman, où sont mes kit-mains ', demanda Amel, devenue une belle jeune fille. Je ne partirai pas sans.
Djamila grommela.
- Mais qu'est-ce que j'en sais ' Pourquoi ne les as-tu pas rangés dans ton sac ' À chaque fois qu'on part en vacances, tu me mets les nerfs en pelote. Regarde sous ton lit.
Amel jeta un coup d'?il et se redressa en râlant.
- Ce n'est pas possible. Ils ne se sont pas envolés.
- Je t'en achète en route ou prends les miens, dit Djamila qui finissait de ranger les cadeaux pour la famille et les amis. Fais vite. N'oublie pas ton passeport.
- Heureusement que t'es là pour me le rappeler.
- Je me demande comment tu fais pour retenir tes leçons.
- Suis intelligente, c'est tout. Et papa m'aide.
- Toi et ton papa...
Djamel avait toujours gardé un ?il sur elle. En chopant la méningite et en tardant à se remettre, elle les avait fait trembler au point qu'une fois guérie elle avait eu plus d'égards et d'amour que Salem. Toute la famille était aux petits soins et la comblaient de cadeaux.
- Il t'a trop gâtée.
- Je l'adore, toi aussi, lui dit-elle en allant la serrer dans ses bras. J'ai hâte de retrouver mon cousin, mes cousines.
- Eux aussi.
Avec l'avènement des smartphones et toutes les applications de communication, la distance ne fut plus un problème. Djamila put garder contact avec Amel, avec sa s?ur, sans négliger sa famille et son travail. Les liens familiaux s'étaient renforcés. Djamel s'entendait bien avec Nabil qui ne craignait plus de voir son foyer brisé.
Comme promis, elle leur avait offert un grand appartement. Lynda avait aménagé deux chambres pour eux. Lorsqu'ils partaient en vacances, ils avaient leur coin personnel. Les enfants les accompagnaient au village pour se recueillir sur les tombes de leurs parents. Fayçal et Meriem étaient morts suite à un accident de circulation. Ils étaient enterrés au village, l'un à côté de l'autre, comme ils l'avaient demandé de leur vivant, comme s'ils avaient su qu'ils quitteraient ce bas-monde ensemble.
Donc, chaque année, les deux familles se retrouvaient. Les bons moments partagés laissaient de doux souvenirs, et à chaque fois ils se promettaient de revenir. La veille de chaque départ, ils s'impatientaient, n'ayant qu'une envie : poser les pieds au pays.
Parfois, ils s'organisaient pour partir en vacances avec Feriel et Baya ainsi que leurs familles. Norredine venait rarement mais la famille était restée soudée. Et c'est ce qui comptait. Le temps avait passé et guéri les blessures de la décennie noire. Même s'ils n'en parlaient plus ou que rarement, ils n'oubliaient pas. Djamila en particulier. Lorsqu'elle croisait des militaires, les agents de sécurité tous corps confondus, elle ressentait de la gratitude, de la fierté et leur souhaitait la protection d'Allah. Car tant qu'il y aura des hommes et des femmes qui porteront le pays dans leur c?ur, prêts à se sacrifier, rien ne pourra lui arriver.
Cette nouvelle en hommage à tous ceux et celles tombés lors de la décennie noire. Qu'ils reposent en paix.
Fin
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Taos M'HAND
Source : www.liberte-algerie.com