
Kamel AmgharEn visite d'inspection ces derniers jours à Béjaïa, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a constaté de visu les nombreuses carences de son secteur à travers l'ensemble du territoire de la wilaya; offre insuffisante, manque de praticiens spécialistes, déficit en équipements et pénuries diverses. Une situation désastreuse qui a amené le ministre à donner des ordres fermes pour accélérer les travaux de réalisation de tous les projets inscrits et leur livraison dans les délais afin de satisfaire aux besoins pressants des populations. En plus d'un hôpital de 60 lits, en chantier à Souk El Thenine, Abdelmalek Boudiaf a annoncé l'inscription de deux autres structures similaires dans les communes d'Adekar et Beni Maouche. Concernant le CHU, on a appris, par la même occasion, qu'une commission technique de choix de terrain se rendra incessamment dans la région pour départager les nombreuses localités qui aspirent à accueillir l'établissement. Parmi les mesures d'urgences prises, on citera aussi l'élargissement du service oncologie de l'hôpital d'Amizour à36 lits au lieu des 12 places disponibles aujourd'hui, et l'affectation de médecins spécialistes en renfort aux effectifs disponibles. Lors de sa visite au service de l'assistance médicale d'urgence (Samu), le ministre s'est également rendu compte de l'insuffisance des moyens existants et a promis de le doter de cinq ambulances médicalisées supplémentaires, portant ainsi leur nombre total à treize. Un chiffre qui reste toutefois en deçà des besoins d'une wilaya qui compte aujourd'hui plus d'un million d'habitants. Si le Samu assure, plus ou moins bien, sa mission au chef-lieu de wilaya, il demeure presque inexistant dans les 51 communes restantes de la wilaya. Dans ces municipalités, pour l'essentiel montagneuses et enclavées, la demande en la matière reste très élevée. L'évacuation des patients se fait souvent dans des véhicules particuliers, dépourvus de tout équipement médical. La situation des malades s'aggrave souvent en raison de la dureté des conditions de leur transfert vers les hôpitaux. Il y a un an de cela, un universitaire originaire de Tazmalt, grièvement touché à la colonne vertébrale suite à sa chute d'un olivier, a été transféré jusqu'au CHU Mohamed-Nedir de Tizi Ouzou dans la petite voiture de son frère.Il succombera à l'accident deux jours plus tard. Les médecins avaient, alors, indiqué que les mauvaises conditions de son transfert étaient pour beaucoup dansl'aggravation de son cas (cisaillement de la moelle épinière). Dans les rareslocalités disposant de brigades de Protection civile, ce vide est partiellement comblé. Mais cela reste très insuffisant et aléatoire. Les agences privées, spécialisées dans ce créneau de transport de malades, affichent «complet». Un malade chronique, voulant s'y inscrire pour garantir ses déplacements réguliers vers l'hôpital où il effectue ses séances d'hémodialyse, s'est vu réserver une fin de non-recevoir dans toutes les agences de la région.En attendant une solution, il appelle un taxi pour le faire. Voilà la situation en somme. On peut dire que le Samu est encore à ses premiers balbutiementsà Béjaïa.K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com