
La capitale de Daech en Libye profitera-t-elle de l'effet de Fallouja totalement libérée ' Depuis une semaine, le retour en force des forces régulières d'« Al Bounyane Al Marsous », créées par le Premier minsitre, El Fayez Al-Serraj, pour fédérer toutes les brigades de l'Ouest libyen, annonce la reconquête de cette ville stratégique. Les couleurs libyennes ont été hissées au rond-point névralgique de Safran. Le Ramadhan de la libération peut-il se défaire du règne de la terreur régentée par le Wali saoudien et des militaires irakiens sous le contrôle de la police religieuse, la Hisbah ' De Abou Grein, à 130 km de l'ouest de Syrte, la progression fulgurante de l'armée régulière constitue certes un succès retentissant, mais, dans sa retraite, Daech a tout miné : les bâtiments et les routes. Le recours aux voitures piégées continue de semer la mort et la désolation. En plein Ramadhan, la violence a poussé à l'exode les habitants de Syrte soumis d'abord à une autorisation de sortie par Daech, puis interdits de quitter la « ville fantôme » aux accès totalement verrouillés, coupée du monde. Les réseaux téléphoniques et Internet sont fermés. Ni les banques, ni les stations-service ne fonctionnent. Les écoles sont interdites d'enseigner les matières « non islamiques » comme les mathématiques et les langues étrangères. La pénurie des produits de base se fait durement sentir, les boulangeries sont en manque de farine et les approvisionnements en nourriture sont réquisitionnés d'autorité, pour la plupart, par les combattants de Daech. La vie sous Daech est un enfer au quotidien. « La vie était trop difficile là-bas. Ils forcent les femmes à porter le voile intégral, les hommes ne doivent plus se raser, ils ont fermé les magasins de vêtements, il est interdit de fumer », témoigne un habitant. Fumer est passible de 48 coups de fouet. Les exécutions des « koufar » (mécréants), prononcées par le tribunal islamique, sont publiques. « Daech convoquait les habitants pour qu'on assiste aux décapitations, se souvient Ibrahim Milad. Parfois, ils crucifiaient les gens et les exposaient sur le rond-point Zafran, près de chez moi. » Mohamed Mustapha Abbourguiba a un souvenir sombre de ces exécutions : son neveu Milad fait partie des victimes de Daech. Son corps crucifié est resté deux jours à la vue de tous. La chasse aux « koufar » n'a pas épargné les religieux. Deux imams, un soufi et un salafiste, à la réputation établie, ont été exécutés et leur corps pendu en public. La raison est ahurissante. « Les salafistes sont très répandus en Libye et ont beaucoup d'influence sur les populations locales, ils sont haïs par Daech pour cette raison, mais aussi parce qu'ils ont foi dans les institutions de l'Etat », a affirmé Musbah, un habitant de Syrte établi depuis deux mois à Tripoli. Le Ramadhan sous Daech : un enfer au quotidien.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L C
Source : www.horizons-dz.com