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Le PJD dans l''il du cyclone Onde de choc de la crise en Egypte sur les islamistes au Maroc



Le PJD dans l''il du cyclone Onde de choc de la crise en Egypte sur les islamistes au Maroc
La destitution du président égyptien Morsi par l'armée, après une année d'exercice seulement de pouvoir de la confrérie des Frères musulmans, pose inévitablement la question de l'avenir de l'islamisme politique dans les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Surtout, que dans nombre de ces pays, en Tunisie et au Maroc notamment, les gouvernements islamistes portés par la vague du «printemps arabe», objet de plus en plus de remise en cause, ne semblent pas avoir fait leurs preuves, en relevant les défis socioéconomiques sur lesquels ils étaient attendus.Quelles répercussions peut avoir la crise en Egypte sur les islamistes au Maroc ' Nombre d'éléments plaident pour des conséquences réduites, mais à court terme seulement, de cette crise sur le Maroc. Ce qui ressort de l'analyse, d'abord, de la position exprimée à l'égard de cet événement, puis, de la situation en général des islamistes marocains par rapport au pouvoir et à la société dans ce pays. A l'annonce de la décision de ce coup de force de l'armée en Egypte, deux décisions diamétralement opposées sont à recenser chez nos voisins immédiats. D'abord celle, exprimée par le ministre des Affaires étrangères, en affirmant suivre avec «une grande préoccupation et un grand intérêt des derniers événements en République égyptienne s'ur». Puis celle du gouvernement dirigé par les islamistes, qui a insisté jeudi sur le respect «de la liberté et de la démocratie» en Egypte, au lendemain du coup d'Etat militaire contre le président Mohamed Morsi. Ces positions, du gouvernement islamiste, certes expriment les inquiétudes en provenance du Maroc, où le gouvernement est actuellement emmené par les islamistes du Parti justice et développement (PJD), depuis leur succès historique aux législatives de fin 2011, dans le contexte du printemps arabe.
Une situation similaire à l'Egypte, mais en apparence seulement. Car, tout sépare la situation des islamistes dans les deux pays. Aussi, on est non seulement, déjà loin de la situation de la Tunisie où est en train d'être créé un mouvement Tamarroud, amis aussi, en présence d'un gouvernement faire valoir. Contrairement au mouvement des Frères musulmans, qui a pris la présidence avant d'en être chassé à l'instigation de la rue, le gouvernement du PJD au Maroc, dirigé par le Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane, est un islamiste qui vit à l'ombre du palais royal, à telle enseigne qu'il est qualifié d' «islamiste de Sa Majesté». Depuis sa victoire en 2011, le PJD qui avait hérité de 12 ministères sur 30, dont ceux de la Justice et des Affaires étrangères, a vu se réduire comme une peau de chagrin ses prérogatives au gré des événements, notamment en rapport à la gestion du dossier du Sahara occidental, pour lequel un constat de carence a été dirigé contre lui par le palais royal. Il est désormais confié à un conseiller de Mohammed VI, qui fait partie de proches du roi ayant été provisoirement écartés après les émeutes de février 2011, puis revenus aux affaires après l'adoption de la nouvelle Constitution. Ayant conservé leur mainmise sur les ministères-clés de l'Intérieur, de l'Armée et de la Police, ils sont aussi, restés en charge des affaires économiques du royaume, en sus qu'il doit faire face à l'opposition interne du parti El Istiqlal, en sa qualité de seconde force politique du Maroc, membre de la coalition gouvernementale et proche du Palais, qui accuse les islamistes de ne chercher qu'à islamiser le pays du «commandeur des croyants», le pouvoir islamiste donne l'image d'être coincé entre le marteau des attentes citoyennes et l'écume du manque de prérogatives, au profit du palais royal . Au fil du temps, le PJD s'avère totalement impuissant au niveau économique. À l'évidence, cette situation risque de lui faire perdre des plumes et à mesure que le temps passe nombre de voix s'élèvent, dans ce pays, pour s'interroger s'il faut vraiment continuer à croire à la viabilité d'un pouvoir islamiste comme solution aux problèmes du chômage et de la mal-vie dont souffrent la jeunesse, comme partout ailleurs. Effet papillon aidant, le coup de force de l'armée égyptienne contre le Président issu des Frères musulmans, marque le début de la fin pour des islamistes au pouvoir dans les pays arabes. Telle est l'idée qui commence à faire son chemin dans ce pays
A. R.
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