De nos envoyés spéciaux à Rustenburg, M. Bouchama, A. Andaloussi et S. Sid
Comme l'Algérie, le Maroc n'a pas résisté à la tentation de vider les lieux plus tôt que prévu. Les Lions de l'Atlas qui avaient la qualification au bout des chaussures ont fini par lâcher le morceau au profit des Bleus du Cap-Vert. Un novice qui crée la première véritable surprise de cette 29e CAN de football. Désormais, l'espoir des Maghrébins repose sur un exploit (sic) des Aigles de Carthage contre le Togo, mercredi prochain à Nelspruit.
Coup de tonnerre sur le ciel sud-africain. Alors que les Bafana-Bafana ont sauvé leur CAN en obtenant le point du nul in extremis face au Maroc, au Moses Mabhida Stadium de Durban, les Cap-Verdiens, invités-surprise de cette fête continentale, ont confirmé, à Port Elizabeth contre l'Angola, qu'ils n'ont pas sorti des éliminatoires le Cameroun par hasard. Le Cap-Vert, ensemble d'îlots à l'ouest du Sénégal, a pris goût aux exploits et a tout simplement arraché une place en quarts de finale où, logiquement, il devrait retrouver, le 2 février prochain, le leader du groupe. Les Blue Sharks (Requins Bleus) ont acquis leur billet au bout d'un premier tour remarquable à tout point de vue. Une bonne organisation de jeu, une discipline et une application sans faille, mais surtout une patience à toute épreuve. Menés au score par les Palencas Negras, les joueurs de Lucio Anthunes ont su ramener les Angolais sur terre, eux qui croyaient tenir la qualification quand les Sudafricains venaient de rétablir, une première fois, le score face au Maroc Au bout du compte, et un dernier quart d'heure de folie, les coéquipiers de Heldon renverseront la vapeur et empocheront les trois points du match, synonyme d'une qualification directe. Au même moment où le Cap- Vert surprenait l'Angola, une peur-panique s'empara du Moses Mabhida Stadium. Les Bafana-Bafana sont, eux aussi, menés au score et le Maroc se dirigeait donc vers une incroyable qualification au second tour au détriment de la sélection du pays organisateur. C'était sans compter sur une magnifique frappe enveloppée de Siyabonga Sangweni devant laquelle Lemyaghri, le vétéran portier marocain, est resté scotché sur sa ligne. L'Afrique du Sud est sauvée d'une sortie précoce plus que certaine.
Lions de l'Atlas et Fennecs, même combat !
C'est donc sur la pointe des pieds, et l'amertume d'une élimination sans gloire, que le Maroc quitte le tournoi. Un résultat quelque peu attendu sachant que les Marocains n'ont atteint cette phase finale qu'au prix d'une incroyable performance, lors de la manche «retour» face au Mozambique. Battus 2-0 à Maputo, les Lions de l'Atlas vont refaire leur retard et terrasser les Mambas à Marrakech (4-0) sous la direction du nouvel entraîneur, Rachid Taoussi appelé à la rescousse au lendemain du limogeage du Belge, Eric Gerets. Une séparation accueillie avec satisfaction par la plupart des observateurs de la scène footballistique du royaume chérifien. Ceci dit, l'arrivée de Taoussi, même si elle a été bien accueillie par les supporters, provoquera des frictions au sein du groupe des joueurs évoluant en Europe dont certains, comme Chamakh et Taârabt, ont refusé de reprendre du service. Le capitaine Houcine Khardja sera, lui, mis à la retraite ; Taoussi estimant que l'ex-milieu de l'Inter Milan a perdu de sa superbe depuis qu'il a rejoint le championnat du Qatar alors que des proches de la sélection marocaine faisaient valoir le rôle joué par Khardja dans la «promotion» des clans chez les Lions de l'Atlas. Le nouveau sélectionneur allait, comme Halilhodzic, procéder à une profonde revue des effectifs moins de deux mois avant le démarrage de la CAN. Un timing qui n'était pas sans provoquer une cassure au sein de l'équipe. La préparation suivie en Afrique du Sud (les Marocains ont entamé leur séjour sud-africain 24 heures après les Algériens) n'aura pas totalement absorbé les insuffisances. Taoussi, qui a fait le pari de monter une composante sensiblement remodelée, a pris un risque et ce dernier s'est avéré fatal. Le Maroc quitte la CAN sans avoir remporté le moindre match, laissant une qualification à sa portée. Des regrets, Taoussi et ses éléments en auront certainement. Comme ceux exprimés par leurs voisins de l'Est. Et de voisins de l'Est, l'Algérie en a été victime durant ce premier tour. Pour autant, elle priera pour que les Aigles de Carthage ne connaissent pas la même mésaventure, la même fin tragique.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.lesoirdalgerie.com