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Le grand froid met sous pression les réseaux d'énergie L'Europe grelotte



Le grand froid met sous pression les réseaux d'énergie L'Europe grelotte
Le grand froid qui sévit et qui perdure en Europe depuis presque deux semaines pousse le réseau électrique du continent vers ses limites, mettant sous pression les ressources en énergie dont dispose le Vieux continent, une situation des plus difficile dont les médias parlent amplement. La neige et le verglas ont fait que dans certains pays d'Europe, les lignes électriques sont gelées, et cela n'est pas sans conséquences sur l'acheminement de l'énergie ; les réseaux de gaz et d'électricité sont poussés près du point de rupture, alors que la consommation connaît un pic. Pendant ce temps, certains pays de l'ouest tentent d'éviter des problèmes similaires. Alors que les câbles électriques s'effondrent sous le poids de la glace et de la neige au sud-est de la Bosnie où près de 15 000 usagers ont été plongés dans le noir, la Serbie a prévenu d'un «effondrement possible» de son système énergétique alors qu'une demande sans précédent a fait atteindre ses limites au réseau électrique. Petar Skundric, conseiller du gouvernement de la Serbie pour les questions d'énergie, cité par Reuters, a déclaré que le pays devrait réduire sa consommation d'énergie de dix pour cent «pour éviter des problèmes et un effondrement possible du système d'énergie». «En seulement une semaine, la Serbie a battu six records historiques en termes de consommation et de production d'électricité» a-t-il déclaré. «Le système fonctionne à la limite de ses capacités techniques, et nous devons faire de notre mieux pour réduire à la fois la consommation d'au moins dix pour cent par rapport au niveau actuel et notre production d'environ cinq cents MW» a-t-il ajouté. Il a relevé également que son comité proposerait au gouvernement de déclarer la semaine du 15 au 20 comme semaine de congés en Serbie pour aider à économiser de l'énergie. Une vague de froid frappe les Balkans depuis deux semaines et a amené la consommation d'électricité à des niveaux record dans toute la région, obligeant les compagnies à augmenter leur niveau d'importation pour répondre à la demande croissante. La compagnie bosniaque EPBiH a indiqué que son service d'urgence fonctionnait à pleine capacité pour rétablir le courant. «Nous avons plus de trois cents travailleurs sur le terrain» a déclaré une porte-parole de la compagnie, Midheta Kurspahic, citée par l'Afp. «Le problème est que certains points des 100 KW de lignes électriques qui se sont effondrées sous la neige sont difficilement accessibles à cause de la neige qui fait deux mètres d'épaisseur». Les températures extrêmement froides, qui ont conduit la Russie à réduire ses exportations de gaz vers l'Europe, ont poussé l'Italie et la Croatie à préserver le gaz pour le chauffage des maisons plutôt que pour les industries. La compagnie russe Gazprom semble avoir détourné certains approvisionnements destinés, au départ, à l'Europe, la semaine dernière pour sa consommation nationale. Les importations de gaz vers l'Europe ont augmenté, mais n'ont pas été totalement restaurées. Ce n'est pas la première fois que les livraisons gazières fournies par Gazprom sont perturbées, même si cette année la raison en est différente, c'est la vague de froid qui a fait que Gazprom a réduit la pression dans les pipes. Le gaz russe se fait ainsi rare et cela risque de perdurer, car le grand froid n'est pas près de s'estomper. La pire vague de froid que l'Europe ait connue depuis des décennies pour un mois de février, pourrait durer jusqu'à la fin du mois, d'après des météorologues, ce qui laisse craindre davantage de décès et une période prolongée d'augmentation des prix du gaz. Les livraisons de gaz russe à la compagnie électrique française GDF Suez restent 10% inférieures au niveau habituel. Cependant, la France ne dépend pas du gaz russe pour son alimentation en énergie, contrairement à l'Italie, qui a dû prendre des mesures d'urgence pour économiser le gaz. La Tunisie a accepté de céder sa part d'approvisionnements de gaz en provenance d'Algérie à l'Italie, soulignant la gravité des pénuries auxquelles sont confrontées les industries. De nouveaux problèmes d'approvisionnements sont apparus, alors que les conditions extrêmement froides ont stoppé la production au large, en Croatie. En plus de ces pressions, un couloir de gaz s'étendant de la région Caspienne vers la frontière de l'est de l'Europe a enregistré une forte diminution de ses flux à cause de problèmes techniques, réduisant les approvisionnements vers la Turquie, à une époque de forte demande hivernale. Les importations de gaz de la Turquie devraient augmenter à nouveau. La Belgique a consommé des quantités record de gaz, alors que le froid extrême persiste en Europe, d'après ce qu'a indiqué la compagnie Fluxys. Une semaine à nouveau marquée par le froid, surtout en Ukraine, le pays le plus durement touché de l'Union européenne avec quelque quatre cents morts. L'Europe pourrait continuer à grelotter, une situation qui laisse craindre une tension sur les prix du gaz. L'air polaire venu du nord de la Russie se conjugue avec de hautes pressions barométriques et empêche l'air plus doux en provenance de l'Atlantique de venir réchauffer le continent soumis à des températures inférieures à zéro depuis dix jours. Comme le rappelle le météorologiste Georg Müller, cité par Reuters, l'Europe n'a pas connu une vague de froid de cette ampleur depuis 1986. Plusieurs responsables de l'Organisation mondiale de la météorologie (OMM), s'exprimant lors d'une réunion à Genève cette semaine, n'excluent pas que le froid persiste jusqu'à la fin du mois. Nous avons une forte certitude d'assister à un changement mi-février mais pas pour un temps plus doux, dit Leon Brown, présentateur sur The Weather Channel en Grande-Bretagne. Nous nous attendons à une coulée plus froide en provenance de l'Arctique avec des vents du nord alors que la dorsale barométrique décline en direction de l'est vers la Russie. Cette vague de froid a même atteint l'Afrique du Nord. La neige continue de s'amonceler au Maroc, en Tunisie et en Algérie, trois pays où des milliers de citoyens sont privés d'électricité et de gaz. Dans ces pays, il y a encore des régions isolées, plongées dans le noir et où tout manque. En Algérie, pays gazier, des citoyens éprouvent toutes les peines du monde à trouver des bombonnes de gaz. Et, quand ils en trouvent, ils se font arnaquer, parce que les prix ont flambé. Quant au courant électrique, il a été rétabli dans certaines localités, mais pas dans d'autres. Sonelgaz a mobilisé ses équipes. Celles-ci n'ont cependant pas encore réussi à tout rétablir, car il y a toujours des câbles défaillants.
Y. S.
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