Mila

Le FMI tacle sévèrement les responsables de l'économie algériennes



Le FMI tacle sévèrement les responsables de l'économie algériennes
Les prévisions économiques de M. Karim Djoudi pour 2013 sont trop optimistes. C'est ce qui ressort des déclarations du chef de la mission économique qui a séjourné en Algérie depuis le 29 octobre. M. Zeid Zidane estime également que l'Algérie a "le potentiel" pour faire 6 à 7% de croissance, et aller ensuite à une croissance à deux chiffres.
Le FMI a sévèrement taclé M. Karim Djoudi. Alors que le ministre des finances prévoit, pour 2013, une croissance de 5% et une inflation à 2.5%, le FMI a établi des prévisions très divergentes. Il prévoit une croissance nettement moins élevée, à 3.4%, et, à l'inverse, une inflation beaucoup plus importante, à 5%.
Le décalage est important. Comment l'expliquer, alors que le FMI utilise des données qui lui sont fournies par le ministère des finances ' Mystère, même s'il semble évident que le ministère des finances fait dire aux chiffres de qui l'arrange plutôt que ce qu'ils devraient signifier. Il suffirait d'ailleurs d'écouter des économistes non « embedded » pour découvrir la réalité de 'économie algérienne.
Du reste, le chef de la mission du FMI n'est pas un expert venu de Finlande ou de la lointaine Australie. Il s'agit de M Zeid Zidane, ancien gouverneur de la banque centrale de Mauritanie et ancien ministre dans son pays. En prenant simplement de la distance avec les chiffres, il a pu dénouer les fils d'une économie qui ne sait où elle en est.
Mais le FMI n'a pas taclé le seul Karim Djoudi. C'est en fait toute l'organisation de l'économie algérienne qui est remise en cause. Certes, M. Zidane a poliment admis que l'économie algérienne repose sur des éléments solides. Les réserves de change, qui devraient atteindre 194 milliards de dollars à la fin de l'année, ce qui représente 160 fois la dette extérieure ou 1.7 fois la masse monétaire, offrent une assurance au pays. Il a même qualifié le taux de croissance de 2.5% de « solide », ce qui est contestable. Il a aussi reconnu que le chiffre du chômage a évolué, à 10%, particulièrement chez les jeunes diplômés, qui s'est amélioré de quatre points, même si le chômage des femmes reste élevé, à 17%.
Le chef de la mission du FMI a également insisté sur la marge dont dispose l'Algérie pour améliorer ses performances économiques, une façon évidente de reconnaitre que, dans de nombreux secteurs, il est difficile de faire pire que ce que fait l'Algérie. Ainsi, a-t-il dit que la croissance en 2013 sera « solide », mais au lieu de 3.4%, elle devrait être de 6 à 7%. Il a même déclaré qu'avec son potentiel, l'Algérie devrait avoir une croissance à deux chiffres. Une déclaration aussi humiliante que celle invalidant les prévisions trop optimistes du ministère algérien des finances.
Il a aussi révélé qu'en avril dernier, l'inflation avait atteint un pic de 11% en glissement annuel, ce qui n'a jamais été dit par le ministère des finances.
Le bon sens
Dans la même veine, le chef de la mission du FMI a rappelé les recettes pour permettre à l'économie algérienne de décoller. Que contiennent-elles comme mesures secrètes susceptibles de provoquer un miracle' Aucune. Il s'agit de mesures simples, dictées par le bon sens. En premier lieu, accroitre l'efficacité de l'investissement et faciliter la création d'entreprises. « Les procédures administratives doivent être simplifiées », selon le FMI.
Autre évidence qu'il a rappelée : l'Algérie importe pour 45 milliards de dollars de marchandises. Il faut investir, et s'organiser de manière à produire pour éviter ces importations, et essayer progressivement d'exporter. Ce qui s'appelle « reconquérir le marché algérien ». Encore faut-il être en mesure de créer des entreprises pour le faire.
Il a aussi énuméré un certain nombre de mesures techniques, qui partent toutes d'un constat de défaillance de l'économie algérienne. L'épargne n'est pas mobilisée au service de la création de richesses, a-t-il relevé. Le marché boursier représente « 0.1% de la profondeur financière, un niveau très très bas, quand d'autres pays similaires en sont autour de 50%, a-t-il dit.
Il faut aussi mettre en place une politique du taux de change destinée à favoriser la production. Autrement dit, avoir une parité du dinar qui décourage l'importation. Ce qui signifie prendre un risque politique en dévaluant le dinar. C'est déjà un terrain plus délicat, car le gouvernement algérien est disposé à tout, sauf à prendre des mesures qui risquent de déboucher sur une agitation sociale.
Mais au-delà de toutes ces mesures, c'est le bon sens prôné par M. Zeid Zidane qui frappe. Ce qu'il a préconisé, c'est de « regarder ce qui marche, et l'améliorer, et regarder ce qui ne marche pas, pour le corriger ».
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