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Le dinar régulateur du budget indices



Le dinar régulateur du budget                                    indices
Les patrons se plaignent de la valeur du dinar. Les citoyens n'arrivent pas expliquer la hausse continuelle des prix. Les experts estiment que le dinar a été dévalué et la Banque d'Algérie (BA) passe son temps à expliquer la différence entre le prix d'une monnaie sur le marché et la dévaluation qui est une décision politique soumise à une loi votée par le Parlement. L'euro a perdu près de 15% de sa valeur depuis le début de la crise et personne en Europe ne parle de dévaluation. Le dollar américain joue au yoyo à longueur d'année sans que personne ne s'en inquiète. La différence dans la perception de la valeur de la monnaie nationale réside dans la connaissance des acteurs réels de l'économie. En Europe ou aux Etats-Unis d'Amérique, les citoyens ont assimilé le fait que la valeur de la monnaie réside dans la capacité des entreprises et des travailleurs à créer de la richesse. En Algérie, les citoyens ont assimilé le fait que seul l'Etat est créateur de richesses et distributeur de rentes. La valeur du dinar dépend donc de la volonté d'un Etat, à qui on demande toujours plus et sans contrepartie. L'équation à résoudre est des plus difficiles pour la BA. Elle doit réguler l'inflation au moment où l'Etat use de ses plus grandes largesses en augmentant à tout-va salaires, pensions et dépenses publiques. Elle doit maintenir et stabiliser la valeur de la monnaie dans une économie mono-exportatrice et importatrice de tous les biens et services possibles. La régulation ne peut se faire donc que par la perte de quelques centimes du dinar. La valeur du dinar a également un effet sur les recettes publiques. Un dinar de moindre valeur augmente le montant de la fiscalité pétrolière et les recettes du fonds de régulation et par conséquent permet, de manière mécanique, de réduire le déficit budgétaire. Cette «stabilisation» du budget de l'Etat n'empêche pas les correctifs normaux que sont l'inflation et la perte de valeur du dinar dans une économie qui ne produit pas grand-chose et dont les entreprises ne sont pas les moteurs de la croissance. Une monnaie ne peut être forte si son économie est faible. Une économie ne peut être forte si ses entreprises sont faibles. Les entreprises ne peuvent être fortes si leurs dirigeants sont incapables d'innovations et de progrès. L'équation est donc simple : «le dinar ne peut être fort tant que nos entrepreneurs et nos capitaines d'industrie demanderont à l'Etat de les enrichir encore et encore».
A. E.
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