
L'exploitation du gaz de schiste impose une réflexion à plusieurs niveaux, tant en termes de rentabilité économique, qu'en préservation de la biomasse et de l'écosystème environnemental, en raison des agents chimiques au nombre de 500 utilisés pour la fragmentation des roches.Les manifestations d'hostilité à l'exploitation du gaz de schiste, récursives de la population d'In Salah, soucieuse de miser sur l'économie pérenne qu'est l'agriculture et de peur que les entreprises ne souillent la nappe de l'albien qui est la plus grande réserve d'eau douce du monde. C'est dire l'inestimabilité de ce capital vital, pour les économies renouvelables, dont profiteront les générations futures. Le désordre qu'engendre l'après-pétrole pour les économies des pays en dépendant nécessite un débat d'experts sur la question de l'exploitation du gaz de schiste. Voici l'avis succinct de scientifiques européens reproduit dans la revue énergie qui a publié une contribution de l'EASAC qui lève un des abondants voiles de cette équivoque, qui est une synthèse de l'étude élaborée et publiée, en octobre 2014, par le Conseil consultatif des académies des sciences européennes (EASAC). Cette étude aborde les préoccupations spécifiques qui sont mises en avant dans le débat public sur l'exploitation du potentiel de gaz de schiste en Europe, notamment les implications d'une forte densité de population dans toute l'Europe ; la question des émissions fugitives des gaz à effet de serre et le défi de l'acceptation par les populations. La croissance rapide de la production de gaz de schiste aux Etats-Unis, au cours de la dernière décennie, a engendré une baisse des prix de l'énergie, améliorant la compétitivité de certaines industries dans le pays, en particulier les industries chimiques. Dans le même temps cette production a réduit la dépendance des Etats-Unis par rapport à ses importations énergétiques. Ce succès constaté dans ce pays a soulevé des questionnements au sein des politiques en Europe quant à la possibilité de reproduire ce boom américain sur leur continent. Au vu du potentiel géologique de l'Europe et de l'intérêt porté par l'industrie pour l'exploration et la production de gaz de schiste, son extraction continue de susciter un débat, pour lequel les politiciens doivent concilier, dans le même temps, les objectifs économiques, les inquiétudes concernant la sécurité des importations de gaz et de .pétrole conventionnels, les stratégies d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre et enfin les enjeux environnementaux locaux. Pour faire avancer le débat, l'EASAC se concentre sur trois aspects spécifiques, qui nécessitent une attention particulière dans une perspective européenne d'exploitation des ressources de gaz de schiste en Europe et qui sont mises en avant dans le débat public. Cette étude s'appuie sur les analyses et des évaluations effectuées par des organismes de même rang depuis la fin 2013, sur les implications de la densité de population sur le continent européen et celles relatives à l'utilisation de l'eau la question des niveaux importants de fuites de méthane et des émissions de gaz à effet de serre, le défi de l'adhésion de la population. Les implications de la densité de population et de l'utilisation de l'eau Les anciennes techniques de facturation aux Etats-Unis étaient admises uniquement dans les régions isolées en raison de leurs incidences éventuelles sur les communautés à forte densité de population. Mais les dernières innovations telles que les plateformes de forages multi-puits et techniques de forage horizontal telles que celle utilisées en Pennsylvanie (avec une densité de population similaire à celle de certaines régions d'Europe) offrent un potentiel de zone d'extraction qui s'étend sur près de 10 km2 ou plus à partir d'une seule plateforme, réduisant ainsi l'utilisation de terrain en surface de manière importante. Ceci réduit les impacts sur les communautés locales en termes de nuisances sonores et de nuisance induite par les transports d'équipements et de matériaux de construction. Les dispositifs de forage et de fracturation utilisant les dernières technologies réduisent donc de manière considérable les impacts sur les populations des zones densément peuplées. A titre illustratif, la densité moyenne de la population des pays de l'UE varie de près de 100 à plus de 600 personnes par km2, contre 32 aux Etats-Unis. Les préoccupations de la population concernant l'utilisation et la qualité de l'eau ont été soulevées suite aux expériences négatives des Etats-Unis, qui proviennent essentiellement de forages de mauvaise qualité et de pratiques de gestion de surface inappropriées. Il a été constaté, d'après des études, que les meilleures pratiques de gestion de l'eau, y compris le recyclage des eaux récupérées, sont bien définies en Europe, et des technologies de pointe permettent actuellement de faire face aux problèmes antérieurs. De plus, il a été constaté que les «meilleures pratiques» sont disponibles et peuvent être renforcées à travers un cadre strictement réglementé lors de l'octroi de licences pour les activités de fracturation hydraulique. Une réglementation globale et le suivi rigoureux doivent inclure l'analyse permanente de la composition de la nappe phréatique afin d'écarter précocement tout risque de contamination.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Khelifi
Source : www.lnr-dz.com