
Il fort probable que la troisième manche du dialogue national échoue, tout simplement parce que la troïka et l'opposition campaient, jusqu'à hier, sur leurs positions quant au choix du chef de gouvernement. Ennahdha savait qu'elle allait gagner la partie dans le seul but de gagner du temps. Un coup réussi pour Ennahdha qui, en présentant Ahmed Mestiri comme candidat au poste de chef de gouvernement, savait dès le départ que ce dernier allait être refusé par l'opposition. Ahmed Mestiri, 88 ans, mis à l'écart par Bourguiba au début des années 80, veut visiblement se venger en choisissant, étrangement, le camp des islamistes. On parle même de complot au sein du quartet, parrain du dialogue national. Même si Rached Ghannouchi a assuré samedi que les parties participantes au dialogue ne sont pas parvenues à un consensus sur le nom du prochain chef de gouvernement, le porte-parole du quartet, Hafedh Mahfoudh, a, par contre, fait part de signaux positifs dans l'avancement du dialogue. Néanmoins, et deux semaines après sa suspension, le dialogue national est aujourd'hui dans l'impasse. Même les négociations marathoniennes, voire étrangères, ont échoué à parer aux divergences et différends entre la troïka et l'opposition. Campant chacun sur ses positions, Troïka et opposition ont de ce fait torpillé la réussite du dialogue et compromis sa reprise. Une reprise handicapée par les amendements du règlement intérieur de l'ANC, autre pomme de discorde du dialogue. A ce propos, Rached Ghannouchi a souligné qu'un accord est en passe d'être trouvé pour le renoncement à ces amendements assimilés par quelques-uns à "un coup d'Etat parlementaire". Dans le même sillage et parallèlement au processus constitutionnel, Rached Ghannouchi a accusé le tribunal administratif de vouloir entraver le processus électoral après le rejet de la liste des 36 candidats de l'instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). Le dirigeant au sein de Front populaire Zied Lakhdar, a déclaré après sa rencontre, lundi, avec le secrétaire général de l'Ugtt, Houcine Abassi, que les conditions du retour du Front au dialogue national est suspendu momentanément, ne sont pas réunies. Il a ajouté que les concertations de Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi avec le président algérien Bouteflika, ne peuvent pas résoudre la crise en Tunisie. En revanche, le dirigeant du courant populaire, Zouheïr Hamdi, a annoncé, lundi, l'échec du dialogue national. L'annonce devait être faite officiellement, hier soir, selon lui. Zouheïr Hamdi, a d'ailleurs affirmé que l'échec du dialogue national sera officiellement déclaré à la suite d'une réunion du quartet avec les partis de l'opposition. Selon lui, une seconde réunion de l'opposition devait être organisée hier afin de déterminer les causes de cet échec et déterminer les responsables. Le collectif de médiation entendait proposer d'autres personnalités pour occuper le poste de Premier ministre afin d'élargir le débat. Suite à cet échec, il se pourrait que la médiation choisisse elle-même le prochain chef de gouvernement tunisien, ou qu'elle propose une liste. Au pire, un plan "B" risque d'être imposé qui permettra au président de la République de choisir lui-même un chef de gouvernement.I. O.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Imed O
Source : www.liberte-algerie.com