Mila - A la une

Le coup de sang de Bouterfa



«Laissez travailler les cadres de Sonelgaz!» a lancé, jeudi dernier, le P-DG de Sonelgaz, Nourredine Bouterfa, à l'adresse des journalistes venus couvrir l'ouverture des plis d'appels d'offres de son groupe. Connu pour ne pas mâcher ses mots, Bouterfa réagissait à sa manière contre les amalgames entretenus dans les relations d'affaires de son groupe avec la firme canadienne SNC-Lavalin citée dans des commissions versées à des intermédiaires dans des contrats avec Sonatrach. «Tous les contrats de Sonelgaz sont conclus dans la transparence...et je vous défie de trouver un contrat de même qualité sur le plan international», a-t-il ajouté à ceux qui voudraient jeter le doute sur l'attribution de la centrale de Hadjret Enouss à cette firme canadienne. Tout est parti d'une enquête suisse concernant des contrats conclus par SNC-Lavalin en Libye du temps de Gueddafi. De l'enquête qui est toujours en cours, des fuites ont fait état des mêmes soupçons sur d'autres contrats conclus avec l'Algérie. Ce qui a enflammé le parquet de Milan et la presse canadienne. Il n'en fallait pas plus pour mobiliser tous les incorruptibles, qui s'avèrent très remuants en Algérie pour passer au peigne fin tous les projets de la firme canadienne dans notre pays. A un point tel qu'il n'est pas impossible que la réalisation par SNC-Lavalin de Maqam Chahid, datant du début des années 80, ne soit pas épargnée. Au lieu de céder à la paranoïa «italienne» ou «canadienne», nos incorruptibles auraient plus de mérite à découvrir eux-mêmes les affaires en leur temps. Et quand on dit paranoïa, le mot n'est point exagéré. «Au nom de quelle raison faudra-t-il faire de la parenté un fait générateur de délit'» s'est interrogé, hier, l'ancien ministre et juriste international, Mohamed Bejaoui, dans une déclaration rendue publique. Elle faisait suite à des commentaires sournois contre lui par le seul fait que l'un des intermédiaires de SNC-Lavalin se trouve être son neveu. Visiblement très affecté par de tels coups bas, Mohamed Bejaoui est resté, néanmoins, très mesuré et d'une correction exemplaire pour stigmatiser les attaques portées contre lui. La traque contre la corruption est tellement subite et intense que de nouvelles affaires apparaissent chaque jour. La dernière en date concerne un prêt accordé par la CNEP-banque d'Oran. Une enquête est en cours, mais cela n'empêche pas la furie. Même quand l'organisme financier en question explique qu'il «s'agit d'une relation normale avec une société». Demain une autre affaire' Et ainsi de suite pour bien remplir la campagne. Car c'est une véritable campagne qui est menée. Il suffit de voir les tirs à boulets rouges d'une certaine classe politique qui découvre subitement, à son crépuscule, que la corruption existe dans notre pays. Il suffit aussi de constater que cette même classe politique n'assortit aucune de ses attaques par une quelconque solution. Est-ce la législation qu'il faut revoir' Est-ce les mécanismes de contrôles qu'il faut renforcer' Est-ce un phénomène de société' C'est aux politiques d'apporter les réponses et proposer les remèdes. En lieu et place nous n'avons droit qu'aux constats propres à la politique politicienne. Il a bien raison le P-DG de Sonelgaz de s'emporter pour défendre son groupe. Ajoutons que Sonelgaz, tout comme le groupe Sonatrach et la CNEP, sont les biens de 38 millions d'Algériens. Contribuer à les dévaloriser aux yeux de leurs partenaires étrangers est condamnable. La colère de Bouterfa est aussi la nôtre et nous disons: «Laissez travailler la justice!». Ou mieux encore: «Aidez-là sans bruit!» au lieu de semer les graines du désordre. En ces temps troubles dans toute la région, les patriotes doivent redoubler de vigilance!
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