Par Kader Bakou
Pablo Picasso a aidé deux artistes peintres algériennes. La première n'est autre que Baya. En 1947, Maeght organise une exposition dans sa galerie parisienne. Baya Mahieddine participe à cette exposition. Picasso dont l'atelier était situé à côté de celui de la jeune peintre algérienne, venait souvent voir ses œuvres et l'encourager.
L'artiste peintre espagnol a aussi réalisé un tableau pour sauver Djamila Boupacha de la guillotine. Anti-franquiste, Pablo Ruiz Picasso s'est intéressé à la révolution algérienne dès son déclenchement en 1954. Ainsi, à travers une quinzaine de toiles et de lithographies, il essayait de montrer et dénoncer les souffrances de la femme algérienne sous le colonialisme. Cette série s'achève avec l'œuvre (un portrait) sur Djamila Boupacha. Djamila Boupacha, née en 1938 à Saint-Eugène (aujourd'hui Bologhine) à Alger, est militante du FLN. En1960, elle est accusée d'avoir déposé, en février 1959, une bombe — désamorcée — à la Brasserie des Facultés à Alger. Durant plus d'un mois, elle va subir les pires sévices infligés par des militaires français déchaînés. Mais l'affaire Boupacha éclatera au grand jour et prendra une dimension internationale lorsqu'elle identifiera ses tortionnaires, au cours de son procès qui eut lieu en juin 1961 au tribunal de Caen, parmi les photos de militaires qu'on lui avait montrées. L'affaire va encore prendre de l'ampleur avec «le comité de défense pour Djamila» créé par Simone de Beauvoir, femme de lettres française, et Gisèle Halimi, avocate. Le comité comprenant des sommités de la littérature et de la philosophie universelle, telles que Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Elsa Triolet, Geneviève de Gaulle, Gabriel Marcel ou Germaine Tillion. Simone Veil, en sa qualité de magistrate déléguée au ministère de la Justice d'alors, avait donné le coup de grâce en accédant au vœu du comité de transférer Djamila Boupacha en France pour lui éviter une mort certaine que ses bourreaux complotaient pour la faire taire à jamais. Mais malgré toute cette mobilisation, elle sera condamnée à mort. Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi eurent, alors, la lumineuse idée de coéditer un plaidoyer chez Gallimard avec, en prime, le portrait de Djamila Boupacha réalisé par Picasso en couverture. Ce que recherchaient les deux femmes, elles l'ont obtenu, en ce sens qu'un mouvement international a pris le relais sous forme de manifestations devant les ambassades de France à Tokyo, Washington, et un peu partout à travers le monde pour soutenir la cause de Djamila Boupacha. Elle sera amnistiée lors de la signature des accords d'Evian. En juillet 2008, le portrait de Boupacha a été exposé au MaMa d'Alger à l'occasion d'une grande exposition intitulée «Les peintres internationaux et la révolution algérienne». Son acheminement de Marseille à Alger s'est fait sous une vigilante garde. Cette œuvre de Pablo Picasso coûte aujourd'hui 400 millions de dollars !
K.B.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com