
A l'entrée Est de la ville d'El Kseur, à quelques encablures seulement de la cité universitaire et de la RN26, des baraquements de fortune ont été récemment érigés par quelques familles pour servir d'habitat. Un bric-à-brac de roseaux, de tôle ondulée et de bois mort. De petits enfants jouent à longueur de journée dans la décharge sauvage mitoyenne à ce site. Personne ne s'en offusque. Ni les services de l'APC, ni ceux de l'urbanisme, ni l'assistance sociale, encore moins la police ne semblent concernés par ce bidonville naissant. Dans toutes les autres villes de la wilaya de Béjaïa, on rencontre aussi des situations similaires qui finiront par déborder un jour. A travers le pays, des milliers de constructions illicites et anarchiques sont dressées un peu partout dans l'indifférence générale. En s'accumulant, ces petits problèmes grossissent pour constituer une véritable bombe à retardement. Selon les statistiques du dernier recensement de la population et de l'habitat (RGPH), les villages et les zones rurales se vident continuellement de leur population. 75% de la population algérienne vit aujourd'hui en milieu urbain. Si les choses restent en l'état, les 25% restants ne tarderont pas à venir grossir les rangs des chômeurs et des mal-logés. En plus de l'énorme pression urbaine que cela induirait, il faut ajouter les risques inhérents au profond déséquilibre de la répartition démographique et ses fâcheuses conséquences sur le développement et la sécurité du territoire. Le problème de cette ruée généralisée vers les villes est à chercher dans la politique étatique de l'habitat. En favorisant les résidents des bidonvilles dans l'octroi des logements sociaux, les pouvoirs publics encouragent indirectement la prolifération de ces gourbis de la misère. Au lieu d'atténuer le problème, cette approche a, bien au contraire, exacerbé ce phénomène. De nombreux citoyens ont ainsi délibérément choisi l'illégalité, en érigeant des cabanes de fortune sur des terrains publics, afin de faire valoir leur droit à un logement décent. Cette manière de faire s'est généralisée partout, au grand dam des citoyens qui prennent leur mal en patience en attendant que leurs demandes soient normalement prises en charge. Un contrevenant, qui squatte ainsi une assiette de terrain, devrait, en principe, s'expliquer d'abord sur son comportement illégal. Une enquête minutieuse doit être enclenchée pour déterminer sa situation réelle et les motivations profondes de son attitude. Certaines personnes, qui ont été relogées dans des logements neufs, sont retournées vivre dans leurs anciennes bicoques afin de bénéficier encore de cette mauvaise générosité des pouvoirs publics. A-t-on enquêté sur le nombre de logements sociaux sous-loués à travers le pays ' Un énorme patrimoine au service de la spéculation. Dans un autre registre, le trafic touche également le logement participatif aidé (LPA). Cette formule, élaborée pour répondre aux besoins des salariés, profite, presque exclusivement, aux entrepreneurs, aux artisans et aux fonctionnaires libéraux. Là encore la spéculation est au centre des affaires. Il est paradoxal de voir de simples salariés postuler sans succès à un logement participatif, alors que d'autres, en faisant fi des lois, se permettent le luxe de revendre chèrement les leurs, en abusant impunément de la collectivité nationale. Cette politique permissive et laxiste constitue un dangereux cercle vicieux qui encourage les parasites et ouvre la voie aux violences. Les émeutes urbaines récurrentes qui éclatent çà et là en sont la conséquence directe et immédiate. Les règles régissant ce secteur précis - comme dans tous les autres du reste - sont très claires. Il est impératif de veiller à la stricte application de la loi.
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Amghar
Source : www.latribune-online.com