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Le bloc opératoire paralysé depuis des semaines



Le bloc opératoire paralysé depuis des semaines
De notre correspondant à Constantine
A. Lemili

Contrairement aux affirmations quasi-régulières du ministre de la Santé, dont la dernière date de mercredi passé, lors de sa visite dans la wilaya de Mila, la pénurie des produits essentiels pour les malades chroniques relève d'une situation dramatique.«Le ministre n'est qu'un menteur», le propos, tenu par une docteure au bord de la crise de nerfs, est loin d'être injurieux vue la situation que vivent les médecins du centre anticancéreux du CHU, dont fait partie la praticienne qui nous assurait, il y a quelques semaines déjà, que la corporation «perdait régulièrement des malades, parfois dans les couloirs du service, en raison de l'absence notamment de drogues. Depuis le mois de janvier, le nombre des malades a augmenté de 600. Nous n'avons pratiquement rien en contrepartie pour leur prise en charge». Vendredi passé, c'est au tour d'un cadre de l'établissement hospitalier spécialisé des maladies cardiaques, de s'insurger à la suite des propos tenus par Ould Abbès à Mila. «L'établissement n'a plus aucun produit depuis plus de trois semaines. Même les urgences ne sont plus réalisées, c'est dire la situation littéralement dramatique à laquelle les équipes médicales sont confrontées.» À la question de savoir quelles sont les raisons pour lesquelles l'EHS ne passe pas commande auprès de la PCH, notre interlocuteur désabusé répondra laconiquement : «Mais le problème est justement là, la Pharmacie centrale des hôpitaux ne dispose pas des produits essentiels aux blocs opératoires, plus particulièrement ce qu'on appelle communément les drogues ou anesthésiants et de réanimation.» La logique voudrait que tout établissement dispose d'un stock de sécurité ou d'urgence et encore une fois la réponse du cadre fuse, «le stock de sécurité est épuisé depuis longtemps». Nous saurons également d'une source fiable, qui a souhaité préserver son anonymat, que «malgré cela, une intervention pratiquement inévitable au risque de compromettre la survie d'un patient a eu lieu récemment où il a été fait usage de produits tombés fraîchement en péremption. Toutefois cela n'a pas empêché la réussite de l'intervention. Un succès à mettre sur le doigté et le professionnalisme de l'équipe médicale».Cela étant, la reprise des interventions «est remise aux calendes grecques», nous dira le même cadre, ajoutant que «pour parer à la situation, la réponse faite aux malades hospitalisés et leurs familles est que les professeurs composant le staff médical sont absents pour des raisons professionnelles, des congrès à l'étranger précisément. Ce qui n'est pas faux, du moins pour l'absence, mais pas pour l'arrêt obligé du programme d'intervention».Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière donnera-t-il une réponse aux malades en souffrance qui subissent cette pénurie, délibérément, voire inhumainement masquée '


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