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«La vérité de l'individu m'intéresse» LA COMEDIENNE ANNE PARILLAUD À L'EXPRESSION



«La vérité de l'individu m'intéresse»                                    LA COMEDIENNE ANNE PARILLAUD À L'EXPRESSION
De Nikita en passant par l'Empoisonneuse à Ce que le jour doit à la nuit il y a une belle et tumultueuse carrière qu'a su briquer notre sombre et gracieuse comédienne avec talent, que ce soit pour le cinéma ou la télé, elle ne se départira jamais de ce que rares comédiens ont cette aura magnifique qui illumine votre chemin dès leur apparition. Dans Ce que le jour doit à la nuit elle est cette femme ténébreuse par qui le malheur arriva...Un rôle sur mesure dont elle nous parle dans cet entretien juste après la projection en avant-première vendredi soir à la salle El Mougar.
L'Expression: Pourquoi avoir accepté de jouer dans ce film'
Anne Parillaud: Je suis française, parisienne. Je n'ai pas vécu les événements qu'ont pu vivre l'Algérie française ou l'Algérie algérienne mais c'est l'histoire, cela m'a fait prendre conscience vraiment de la blessure et de la souffrance par lesquelles ont pu passer les Algériens. Ce sentiment d'appartenance à un pays, je l'ai vraiment réalisé. Il y a aussi une autre approche du film qui est la dernière phrase de Yasmina Khadra qui est dans le film qui m'a attirée, celle qui consiste à nous dire: on souffre, on aime mais il faut vraiment vivre.
Il ne faut pas passer à côté de son histoire et de son destin.
Vous jouez toujours des rôles de femmes torturées. Qu'est-ce qui vous a plu dans le rôle de Madame Cazenave'
Parce que moi j'aime les personnages complexes. Je n'aime pas les personnages linéaires, mais avec des conflits internes, des ambiguïtés, car je pense que c'est beaucoup plus humain et quand les personnes sont dans une salle noire on parle d'eux et ce n'est pas forcément quelque chose qu'on veut avouer de nous. Et quand il y a un personnage dans lequel on peut projeter ça, ça relève du partage avec l'être humain. C'est cela qui m'intéresse, c'est la vérité de l'individu et c'est aussi la misère humaine, la misère mentale et morale qui existent vraiment, le mal-être.
C'est votre premier rôle dans ce genre de films qui abordent l'Histoire et la Guerre d'Algérie. On est loin des films d'action comme Nikita par exemple, bien que la force psychologique y est dans la plupart de vos rôles. Mais n' y a-t-il pas ici quelque chose d'extérieur à votre sensibilité'
C'est un peu comme mon personnage. Madame Cazenave est assez étrangère aux problèmes dont on parle dans le film et c'est donc assez similaire avec mon histoire. Je n'ai pas vécu cette histoire mais c'était intéressant justement, en tant qu'être humain avant tout, de prendre le vécu et la blessure qu'à pu avoir tout un peuple, son arrachement à la terre et de comprendre l'importance des racines, des origines et l'appartenance à une terre et voir à quoi cela correspond, c'est quelque chose effectivement qui, moi, me touche moins mais que j'ai réalisée à travers le film. C'est quelque chose qui m'a profondément touchée.
Anne Parillaud, on peut dire que c'est une expérience assez spéciale dans votre carrière comment pouvez-vous évaluer ce film au milieu de votre riche carrière cinématographique'
Il y a quelque chose de plus personnel aussi qui m'a poussée à accepter de jouer dans ce film, en fait. C'est un film important pour moi en tant qu'actrice car c'est la première fois où je joue un personnage, où je ne suis pas sûr qu'on l'aimera. Parce que ce n'est pas une gentille dame c'est un personnage dur et difficile. Et d'accepter le fait de dire: on ne l'aimera peut-être pas c'est une vraie démarche, c'est un vrai choix et une vraie évolution dans une carrière de ne pas avoir, à tout prix, sauvé un personnage mais de dire que cette femme est comme ça. Ceux qui la comprendront, tant mieux et ceux qui ne la comprendront pas, j'assume le fait qu'elle ne soit pas forcément reçue.
Vous avez dit un jour que vous ne rêviez pas de faire du cinéma, ce dernier correspondait pour vous à des rôles bien spécifiques qui feraient écho à votre sensibilité. Qui vous interpellent ou vous ressemblent un peu finalement...
Au départ, je voulais être avocate, donc j'ai cette approche de vouloir défendre les personnages et évidemment en tant qu'avocate on prend des dossiers et le challenge est de faire comprendre plutôt que de juger et tout l'enjeu est là, c'est-à-dire en tant qu'actrice, je prends des personnages effectivement non aimables ou condamnables et tout mon travail consiste à expliquer. Alors, parfois j'ai une heure, parfois une heure et demie ou deux heures. Mais c'est toute ma plaidoirie pour expliquer pourquoi elle fait ceci ou cela, pourquoi elle est comme ça'
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