
- La direction de la pharmacie a envisagé une baisse des prix des médicaments importés en contrepartie du renouvellement des autorisations de mise sur le marché (AMM) arrivées à expiration en 2015. Des taux variés sont appliqués pour certains médicaments. Sur quelle base les a-t-on fixés et comment expliquez-vous cela 'A l'instar d'autres pays, il est légitime que l'autorité négocie la baisse des prix de certains médicaments. Le ministère de la Santé est tout à fait dans son rôle quand il décide de renégocier les prix des produits dont les décisions d'enregistrement arrivent à échéance. Cela pour ce qui est du principe de la renégociation des prix, qui souffre d'ailleurs d'une bicéphalie entre l'autorité en charge de la santé et celle en charge de la Sécurité sociale.Toutefois, comme toujours en Algérie, ce qui pose problème, ce n'est pas le principe en soi, mais la manière dont il est mis en ?uvre sur le terrain. Comme chacun sait, la décision d'enregistrement de tout médicament a une durée de vie réglementaire de cinq années, période au terme de laquelle elle doit être renouvelée. Le ministère de la Santé dispose donc d'une visibilité parfaite sur l'échéance de chaque médicament dont il autorisé la mise sur le marché.Une gestion efficace, avec les moyens adéquats, aurait donc consisté à anticiper beaucoup plus en amont la renégociation tout au long de l'année 2014 pour les décisions d'enregistrement délivrées en 2009. La démarche du ministère a été, au contraire, d'attendre le moment du renouvellement des programmes d'importation pour l'année 2015.Ce qui, à notre sens, a fini par générer plusieurs problèmes : d'une part des retards significatifs dans la délivrance de la majorité des programmes d'importation pour l'année 2015 ; d'autre part, cela correspond à une stratégie très peu pertinente dans la mesure où l'administration s'est mise elle-même dans une position intenable où le temps perdu est proportionnel aux ruptures futures.Il y a ensuite les critères de baisse opposables, comparés à d'autres pays et argumentés, qu'il faut produire dans toute négociation et qui font défaut aujourd'hui. Il faut quand même signaler que pendant les deux mois de renégociation des prix des produits importés, aucun produit fabriqué localement n'a pu être programmé à ce comité des prix.- Pensez-vous que cette baisse qui touche certaines molécules à faible prix est l'unique moyen de réduire la facture à l'importation 'La maîtrise de la facture des importations souffre de l'absence d'une règlementation des médicaments biosimilaires, ce qui par ailleurs handicape fortement la volonté de nombreux producteurs locaux qui souhaitent investir ce créneau d'avenir. Il est important de signaler qu'en huit ans, la facture de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) est passée, uniquement pour la thérapie ciblée, de 100 millions de dinars en 2005 à 14,3 milliards de dinars en 2013.- Des programmes d'importation sont donc bloqués et des ruptures de stocks de médicaments risquent de compliquer la situation 'Nous n'en sommes pas encore là. La situation est tendue, certes, mais elle reste encore gérable et nous espérons, pour notre part, que les problèmes en cours pourront être résorbés au mieux des intérêts de l'économie nationale. Ce qui nous attriste, en tant que professionnels de la filière, au-delà de la méthode choisie pour traiter de cette opération ponctuelle de renégociation des prix, c'est de relever l'immense déficit en ressources matérielles et humaines qualifiées que connaît le département en charge du médicament.Le fond du problème est l'inadéquation totale entre les exigences réglementaires organisationnelles et techniques requises dans la gestion d'un produit aussi sensible que le médicament et les effectifs extrêmement réduits des fonctionnaires chargés de garantir leur respect par les opérateurs concernés. Le résultat, c'est que la plus banale des opérations qu'impose la réglementation s'apparente au quotidien à un tunnel bureaucratique sans fin pour nos entreprises.- A cela s'ajoute, semble-t-il, la liste des médicaments interdits à l'importation. Qu'en est-il exactement 'En effet, pour répondre aux orientations du gouvernement en matière de soutien à la production nationale, le ministère de la Santé a élaboré, en 2008 une liste de produits jusque-là importés et qui ont été réservés à la production nationale. Nous avions, a l'époque, applaudi cette décision courageuse a laquelle nous avions appelé depuis plusieurs années.Cette décision a souffert d'une mise en ?uvre approximative dans le sens où aucune procédure écrite n'est venue organiser cette disposition. Devant être renouvelée à la demande de plusieurs fabricants locaux, l'UNOP a proposé, dans le cadre du comité de concertation, que des critères clairement affichés constituent le socle de cette disposition.Pour nous, UNOP, il était important de clarifier totalement la procédure et de prendre toutes les précautions utiles permettant d'assurer une transition douce, sans heurts, de l'importation d'un produit vers sa fabrication locale. Au vu du plan de charge de l'administration, nous n'avons pas encore travaillé concrètement sur la liste finale des produits à réserver totalement ou partiellement à la production locale.Ces retards risquent fort de susciter des perturbations qui pourraient demain, à tort, être mises sur le compte des fabricants locaux. Le danger, à nos yeux, serait que d'éventuels retards pour lesquels nos adhérents ne sont en aucun cas redevables finissent par être utilisés insidieusement pour discréditer toute une politique de substitution à l'importation à laquelle nous adhérons et qui, dans la réalité, porte vraiment ses fruits.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamila Kourta
Source : www.elwatan.com