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La raison du plus faible



La raison du plus faible
Le mètre carré c'est moins cher que le kilo de poulet, pourquoi les pouvoirs publics ne réajustent pas les prix'Pourquoi les pouvoirs publics ne réajustent-ils pas les prix' L'Etat a-t-il un problème d'argent' Ou alors il s'agit des contrainte bureaucratiques'«Je ne peux pas brader la terre de mes ancêtres pour des broutilles et gagner en retour le statut d'exproprié!», peste un citoyen révolté par les prix pratiqués par l'Etat dans les expropriations. En, effet, le mètre carré c'est moins cher que le kilo de poulet. Pourquoi les pouvoirs publics ne réajustent-ils pas les prix' L'Etat a-t-il un problème d'argent' Ou alors il s'agit de contraintes bureaucratiques' Dans un cas comme dans l'autre, les pouvoirs publics doivent se pencher sérieusement sur la question au lieu de rejeter la balle aux citoyens. Et voilà ce qui explique, en partie, le blocage du projet de la pénétrante autoroutière devant relier Béjaïa à l'autoroute Est-Ouest, sur une distance de 100 km, est en situation de blocage, qui ne dit pas son nom. Depuis l'engagement des entreprises réalisatrices sur le site et l'entame des travaux, laissant augurer sa possible réception avant la fin de l'année 2016, le projet semble avoir pris du plomb dans l'aile. Le dossier indemnisations figure parmi les principaux obstacles, qui reste difficile à lever, de l'avis même des autorités qui sont allés jusqu'à la saisine du Premier ministre pour lui faire part de ce problème. Un cas parmi tant d'autres qui font que les projets d'utilité publique peinent à démarrer dans la wilaya de Béjaïa. Les oppositions constituent aujourd'hui le faux-fuyant des autorités.Entre la sous-estimation des uns et la surenchère des autres, l'équilibre n'est pas facile à trouver. L'obstruction et les oppositions des riverains à la conduite du projet sont monnaie courante à Béjaïa. Autant pour le projet de la pénétrante que pour celui des carrières d'agrégats et bien d'autres projets structurants, la même problématique se pose sans pour autant trouver de réponses auprès des parties concernées.Lorsque ce n'est pas la réclamation de meilleures indemnisations, ce sont les garanties complémentaires pour la protection de leurs environnements respectifs, qui sont avancées par les citoyens. Si les citoyens se sont déjà manifestés pour faire valoir leurs desiderata, il reste que les pouvoirs publics peinent à trouver des solutions allant jusqu'à faire de ces cas une explication à l'inertie qui règne en maître dans la région concernée. Si les projets accusent du retard c'est la faute aux oppositions citoyennes, expliquent en substance les autorités locales. Bien que les pouvoirs publics aient assuré les requérants quant à la volonté publique «d'indemniser à un prix juste et équitable les terrains expropriés», et «le respect de l'environnement en matière d'exploitation des agrégats», la situation n'évolue pas dans le sens souhaité. Les expériences précédentes font douter la confiance. «On ne peut pas céder les terres de mes ancêtres pour des miettes», soutiennent en choeur les expropriés qui font dans une résistance légitime. Le conflit est tel qu'une réunion pour la réévaluation des terrains concernés par l'expropriation a été provoquée au niveau de la direction générale des Domaines en présence du directeur de wilaya ainsi que du directeur des travaux publics. Si la revendication d'indemnisation au juste prix est légitime, il reste que cette question se pose présentement avec acuité de par ce qu'elle engendre comme retard des projets et leur surcoût. Si lors de sa dernière visite, le Premier ministre s'était engagé pour une indemnisation au prix réel, il reste que la précision, selon laquelle cette option ne concernerait que les projets urgents, a suscité des remous. Qu'est-ce qui est urgent et qu'est-ce qui ne l'est pas à Béjaïa' La question se pose d'autant plus qu'un retard immense est reconnu par tous, donc par voie de conséquence tout est urgent. L'affaire de la pénétrante a le mérite de reposer cette pertinente question d'indemnisation, source d'oppositions citoyennes à travers les différentes localités de la wilaya de Béjaïa contre la réalisation de certains projets d'intérêt public, comme le raccordement au réseau de gaz de ville ou le passage des lignes électriques, des routes et l'implantation d'infrastructures sanitaires et scolaires. C'est la préoccupation majeure des responsables locaux ainsi que de la population et ce, au vu de leurs répercussions sur le développement local et surtout sur les citoyens. En effet, la région de Béjaïa, qui a fortement besoin de concrétiser le projet de la pénétrante, reste suspendue à cette histoire d'indemnisation. Elle l'est également par rapport aux nombreuses carrières d'agrégats inexploitées à cause des oppositions.En effet, les citoyens sont opposés au démarrage de nombreuses carrières qui demeurent en souffrance dans une région qui, non seulement regorge de matières premières, mais qui éprouve également un énorme besoin en agrégats pour mener à terme les projets d'utilité publique.De grands chantiers de travaux publics, hydrauliques et de l'habitat, ouverts à travers l'ensemble du territoire de la wilaya, avancent à pas de tortue en raison du manque d'agrégats et de matériaux de construction. Faute d'une production adéquate en la matière, certains chantiers traînent. Face à la pénurie, les prix de ces matières ont, eux aussi, connu une instabilité chronique qui s'est traduite négativement sur la conduite des projets par, notamment des retards dans l'achèvement, mais aussi des révisions de prix liées aux marchés attribués. Et pourtant, ce n'est pas l'offre qui fait défaut! Au point que les agrégats sont ramenés desautres régions. Une situation paradoxale. La production de sable concassé, de calcaire pour ciment, de calcaire pour chaux et l'extraction de la pierre de taille sont possibles.Des gisements d'argile de R'mila (Sidi Aïch), de gypse (Boudjellil), de célestine (Beni Mansour), d'argile kaolinisé (Boukhelifa), de grès siliceux (Taourirt Ighil), de polymétaux (Amizour) et de fer (Barbacha): autant de sites qui font la richesse du sous-sol de Béjaïa. Leur exploitation ne peut être que source de richesse et d'emplois. Mais les dizaines de nouvelles autorisations d'exploitation qui ont été délivrées par les autorités de wilaya via la direction des mines, butent sur des oppositions diverses.La production de matériaux de construction (calcaire, tuf, argile, granodiorites) est retardée à cause des citoyens qui invoquent des considérations environnementales et un impact sous-estimé sur la santé publique et la sécurité des riverains.


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