Face aux informations qui paraissent depuis plusieurs semaines sur le différend entre la Pologne et les instances de l'Union européenne, dont nous sommes membres depuis 2004, les lecteurs algériens méritent quelques mots d'explication.Il l'a fait lors du récent discours du Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki au Parlement européen. Il a notamment fait référence à l'inégalité de traitement des Etats membres. Un exemple de cela est la reconnaissance des solutions judiciaires dans certains pays, alors que les mêmes solutions élaborées en Pologne sont traitées comme inacceptables. La situation est similaire dans d'autres catégories, où le manque de solidarité génère ensuite des problèmes communautaires.Ce manque de solidarité et le fait que certains Etats membres soient marginalisés ne provoquent pas seulement des tensions internes, mais finissent par fragiliser l'Union européenne tout entière de l'intérieur. Les institutions européennes étendent intensivement les limites de leurs compétences, mais uniquement dans les domaines où cela n'implique pas de prise de responsabilité.
Le Premier ministre a souligné que nous ne laisserons pas la Pologne se faire intimider, que nous ne nous laisserons pas rabrouer - nous présenterons fermement nos arguments et appellerons au dialogue dans le domaine des compétences qui nous sont conférées. L'accusation fondamentale de double standard est l'usurpation du droit d'influencer des choses qui n'appartiennent pas aux compétences de l'Union européenne et de les utiliser politiquement contre les Etats membres, comme le système de justice ou la sphère de l'identité culturelle et religieuse.
Le principe de la démocratie dans le droit de l'Union européenne repose sur deux piliers : la démocratie au niveau de l'Union européenne et la démocratie au niveau des Etats membres. Tant que les Parlements nationaux sont l'organe central de la démocratie parlementaire des Etats membres, ils doivent avoir une influence significative sur les décisions de l'Union européenne. Le non-respect de leurs pouvoirs et compétences porterait également atteinte au pilier de la démocratie européenne et, à ce titre, ne garantirait plus la légitimité démocratique de l'Union européenne dans son ensemble.
Au cours de son discours, le Premier ministre a présenté le plan polonais pour l'Europe :
Premièrement, nous voulons une Europe forte et grande, luttant pour la justice et la solidarité, pour l'égalité des chances en Europe, capable de s'opposer aux régimes autoritaires et respectant la culture et la tradition.
Deuxièmement, nous proposons une nouvelle solution systémique pour l'Union européenne, à savoir la création d'une chambre spéciale composée de représentants des cours constitutionnelles des Etats membres de l'Union européenne.
La chambre résoudrait des litiges de nature similaire à ceux qui touchent actuellement la Pologne.
La Pologne est et restera membre de l'Union européenne. Toutefois, elle n'accepte pas les pressions politiques et l'application de deux poids, deux mesures.
Witold Spirydowicz
Ambassadeur de Pologne en Algérie
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Liberté
Source : www.liberte-algerie.com