Mila - Revue de Presse

La place du sacré dans la culture contemporaine



La place du sacré dans la culture contemporaine La culture est l’une des composantes essentielles de l’identité individuelle et sociale. A l’évidence d’autres composantes interagissent avec la culture pour former l’identité, à savoir : la patrie, la langue et le sacré (ou religion) qui les conditionnent toutes. L’identité est portée par deux grands piliers : la culture et le sacré. Tant et si bien que l’on peut aller jusqu’à dire que si la culture est le cœur de l’Homme, le sacré est le sang qui le rend vivant et qui circule dans les veines et les artères de son corps.Quel qu’il soit, le sacré est une profession de foi qui procède de pratiques culturelles. Fort des principes, des valeurs et des commandements qu’il véhicule, le sacré fait office de soupape de sécurité qui régule la culture. En effet, il forme et protège l’esprit de l’individu, il lui procure la sérénité dont il a besoin pour résorber l’angoisse et le stress de la vie et l’aide à surmonter sa dureté. C’est ainsi qu’il peut sauvegarder sa santé psychique en la protégeant des facteurs générateurs de dégradations sociales qui, en s’alimentant  de divers autres problèmes, dégénèrent en extrémisme et en violence, en horreur et en terrorisme, comme c’est le cas dans plusieurs régions de notre monde contemporain. Le sacré forge l’esprit et le tempérament de l’individu, adapte son affect et son intellect, son humanité et son équilibre à son milieu et à l’univers. De même qu’il lui permet de s’acquitter de sa fonction culturelle et civilisationnelle et lui ouvre les perspectives qui le rapprochent des valeurs de la justice, du bien, du bonheur et de la certitude. Dès lors que l’équilibre est établi entre le sacré et la culture, l’écart qui sépare le cœur et la raison, la science et la foi, le temporel et le spirituel, se voit comblé. Grâce à cet équilibre, le souci qui tourmente l’être humain à chaque fois qu’il doit faire face aux grandes et épineuses problématiques se voit sinon dissipé, du moins atténué. Même les questions métaphysiques que la raison seule, quelle que soit sa force, ne peut analyser , peuvent être appréhendées et élucidées. La tendance au sacré est une constante qui n’a jamais été démentie depuis que Dieu a créé l’Homme et l’univers, c’est-à-dire depuis le temps des religions primitives jusqu’aux religions que le Tout Puissant a révélées à ses prophètes pour guider l’humanité sur le droit chemin. De fait, l’intérêt pour la chose sacrée relève de l’instinct humain car l’Homme a toujours été fasciné par la force de la religion et s’est toujours senti incapable de pénétrer ses voies, de résoudre ses problèmes épineux et de surmonter les difficultés qu’elle suscite. Vu sous cet angle, le sacré représente le lien qui unit l’individu au monde sensible et insensible et qui le rend conscient de son existence, de la place qu’il occupe dans la vie, de la mission qu’il doit accomplir et du rapport qu’il doit entretenir avec autrui, nonobstant son appartenance religieuse. Au surplus, le sacré allège le fardeau de la grande responsabilité qui incombe à  l’Homme sur terre car Dieu l’a honoré et l’a préféré à toutes ses autres créatures. Autrement, l’Homme croulera sous cette lourde et intenable charge. Au final, le sacré est un système équilibré et harmonieux où  la foi, l’intelligence, le sentiment et le comportement coexistent et s’interpénètrent pour donner à la vie un goût et une raison d’être, établir un mode de comportement individuel et interactionnel et croire en l’espoir que représentent l’avenir et les générations futures. Par ailleurs, l’histoire ancienne et moderne montre que le sacré a toujours eu une forte présence aussi bien en cas de prédominance qu’en cas de subordination à quelque autre force visant à le dominer, voire à l’instrumentaliser à des fins purement machiavéliques étant donnée son importance et son grand ascendant. Et c’est là la source des crises qui ont souvent emporté la chose sacrée et l’ont, parfois, discréditée. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces crises de foi ne sont pas toujours dues à un déni total du sacré ni à une absolue mécréance. Car si tel était le cas, les esprits religieusement indécis n’existeraient pas. Le fait est que ces esprits-là sont en proie à des idées qui parasitent leur foi ;  mais la confusion qui les déroute finit tôt ou tard par disparaître. Ceci montre qu’à des degrés plus ou moins importants,  le germe de la foi existe chez eux ou chez la plupart d’entre eux. En revanche, ce problème ne se pose pas pour les croyants qui ne souffrent guère de cette angoisse intérieure. Quiconque s’intéresse à l’histoire des religions et des cultures remarquera sans peine que le phénomène que nous venons de décrire existe dans toutes les religions quand bien même leur modèle civilisationnel et leur mode culturel soient différents et en dépit des divergences de points de vue et de sentiments, à commencer par la manière de se voir et de percevoir. Ceci est aussi vrai pour la culture arabe qui a été fortement marquée par l’islam que pour la culture occidentale qui participe autant du christianisme que de l’héritage grec et qui a développé des méthodes de réflexion et de recherche. De fait, le  développement du monde occidental trace plus ou moins une ligne de démarcation entre la science et la foi. D’où la grande bataille qui a opposé les philosophes au clergé durant la Renaissance et, de manière beaucoup plus hargneuse, au Dix-huitième siècle. Or, la culture islamique a connu, à son apogée, ce même genre -ou du moins un genre similaire- de lutte entre les philosophes, les docteurs en religion et les mystiques qui ont longuement débattu de la problématique de la raison et de la référence servile aux textes sacrés.   A suivre... Dr Abbas Jirari
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