Décidément la guerre des mots fait rage parallèlement à ce qui se passe sur le théâtre des opérations. Au moment où l'Occident mène son bal macabre par procuration, les perroquets médiatiques excellent dans le viol sémantique.
C'est ainsi que le mot « révolution » (puisqu'il constitue le levier actuel des ingérences prédatrices), autrefois terrifiant, insultant, politiquement pornographique, a subi depuis la fin des années 1980 un retournement sémantique proprement orwellien, devenant aussi courant et banal pour les adeptes de l'ordre nouveau qu'il l'était autrefois pour les idéologues du marxisme-léninisme. Aujourd'hui, c'est le grand capital qui constitue le moteur de la révolution. La révolution est toujours assortie d'une couleur (tout sauf le rouge) ou d'un attribut flatteur facilitant le ralliement de «l'opposition démocratique». Cette « op-position démocratique » désigne à son tour les vassaux, les serviteurs locaux recrutés, formés et financés par les ONG étrangères pour le compte de l'Empire afin de déstabiliser les pays démocratiquement déficitaires. Conditions requises pour en faire partie : savoir brandir une pancarte en anglais devant les caméras de CNN, être disponible 24 heures sur 24, avoir si possible moins de 21 ans ou ressembler à un étudiant, savoir crier d'un air adulte et sérieux: « dégage ! » ou encore « nous voulons la démocratie ». Et tant qu'on y est pourquoi pas la « liberté d'expression » ' Celle-ci « liberté d'expression » signifie que l'on peut insulter les musulmans en toute impunité en les présentant collectivement comme des terroristes (voir l'affaire des caricatures danoises de notre Prophète Mohamed, QLSSSL, en février 2006). Publier des caricatures similaires contre les juifs ou contre ce qui leur est « sacré » est en revanche un tabou absolu. En matière de « dictature », rien de tel que ceux qu'on veut abattre. Par le passé on désignait les coupables. Par définition, sont (ou étaient) des dictatures les régimes communistes (les gens branchés utilisent aussi l'expression dictature stalinienne, même quand ils parlent de Cuba, de la Yougoslavie ou d'autres pays situés à des années-lumière de Staline) et, bien entendu, tous les Etats « voyous » qui ont horreur de la tarte américano-occidentale. Attention de ne pas trébucher : Saddam Hussein est un « dicta-teur » (depuis 1990), mais pas le roi d'Arabie. Pareillement Milosevic, pour Kadhafi, Assad et autres. Cela dit, suivant les circonstances, les excès de la langue de bois peuvent paraître agaçants, ennuyeux ou... cocasses. Ecouter des crétins débiter des phrases toutes faites qui leur ont été soufflées par d'autres crétins peut être très désopilant - quand on fait abstraction du contexte. Malheureusement, beaucoup de perroquets médiatiques reprennent ces mots préfabriqués vides de sens ou dont le sens véritable a été perverti à dessein. L'idéologie des faiseurs de guerre passe avant tout par le vocabulaire. Accepter celui-ci sans réfléchir équivaut à se soumettre au mensonge de propagande qui le sous-tend. On sous-estime souvent le pouvoir des mots - moins pour ce qu'ils disent que pour ce qu'ils cachent. Avoir conscience de la situation réelle, c'est avant tout appeler un chat un chat...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : C A
Source : www.lnr-dz.com