Mila - A la une

La misère plurielle



Une famille syrienne de six personnes, dont deux nouveau-nés, s'est éteinte, morte de soif et de faim, la peau écorchée par les feux du soleil et du sel. Elle voulait traverser la Méditerranée et accoster en Italie pour s'assurer une hypothétique vie meilleure.Quelles justifications seraient acceptables et comprises quand une famille entière, père, mère, grand-mère et enfants, brave la haute mer dans la clandestinité dans une embarcation de fortune avec la ferme intention d'embrasser une autre vie ' Il est impossible sinon ardu pour la raison de trouver un qualificatif à un tel suicide lorsque des êtres humains s'engagent à dénicher la vie en se livrant à la mort.
On connaît l'énorme désespoir du peuple syrien, similaire à celui de nombreux peuples, harassé par une misère plurielle sans nom et on en a saisi depuis longtemps toutes les causes. Mais atteindre le summum de la stupéfaction et de la désolation devant un tel drame ne permet aucun moindre entendement. Les suicides se produisent en nombre tous les jours. Les extinctions des vies en haute mer, euthanasies trop particulières, obligent à ne plus s'arrêter seulement sur les effets des guerres et des misères. Il est question aujourd'hui d'un nouveau profil de la nature humaine, pétri et malaxé avec force et détails dans un monde que l'on ne reconnaît plus. La folie des hommes, ceux qui s'estiment au-dessus de tout, par leur force, leur cupidité, leur inconscience et leur intempérance, n'engendre plus seulement la faim et la soif. Elle sème une folie parallèle avec la mort au bout. Les armes ne détruisent plus uniquement les corps, elles démolissent maintenant les esprits et les âmes pour qu'une désespérance inouïe pousse une large partie de l'espèce humaine à ne s'en remettre qu'à la seule fatalité, les pieds et les mains liés.
Les mers et les océans sont devenus des tombeaux à ciel ouvert, réceptacles refusant la noblesse des cercueils pour que des familles, pères, mères et enfants ne soient plus que des objets.
Pas un jour ne survient sans que l'on annonce un peu partout des naufrages avec des dizaines de vies englouties. La dramatique et bien curieuse obsolescence des faits est en passe de permaniser une révolte infinie.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)