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La marche du livre brave les interdits



Trois ans après la marche historique du livre à Aokas, Béjaïa a connu, jeudi dernier, une manifestation similaire initiée par la Coordination des cafés littéraires libres pour protester contre les atteintes aux libertés.L'appel a été lancé au courant de la semaine dernière pour une marche «Livre à la main» à Tichy. Initiée par la Coordination des cafés littéraires libres de Béjaïa, cette manifestation vient en réaction à une série de mesures liberticides prises par les pouvoirs locaux dans cette ville balnéaire où le wali avait interdit, en août 2019, l'université d'été du Rassemblement action jeunesse (RAJ).
Cet été, c'est encore à Tichy que les autorités ont «interdit et empêché par la force» la tenue de rencontres culturelles en collaboration avec le Congrès mondial amazigh dont la présidente ainsi que des animateurs du café littéraire ont été interpellés et interrogés et ce, «malgré l'autorisation délivrée par le maire».
Par ailleurs, un rassemblement, prévu le 5 septembre dernier à Béjaïa pour dénoncer «la falsification de l'Histoire» et les représailles contre des employés de la Direction de la culture de la ville suite à la controverse autour du duel Okba Ibn Nafie et Aksil, a été brutalement empêché par les forces de l'ordre. Ces interdictions étaient motivées par les mesures de prévention contre l'épidémie de Covid-19 mais les militants de Béjaïa n'y voient qu'un prétexte pour brimer les libertés publiques puisqu'au même moment, l'Etat autorisait la tenue des réunions politiques beaucoup plus importantes (FLN, RND, etc.).
Ainsi, la marche du livre, qui a drainé jeudi dernier des dizaines de personnes, avait pour mots d'ordre : la réouverture des établissements culturels, la dénonciation de la répression policière et de la clochardisation de la société, la libération de tous les détenus politiques et d'opinion.
Malgré un important dispositif sécuritaire installé devant l'APC de Tichy et des arrestations systématiques de personnes portant un livre à la main, la manifestation a pu avoir lieu et arriver jusqu'au commissariat pour y exiger la libération des personnes interpellées.
Dans un communiqué publié jeudi, le café littéraire de Béjaïa se félicite de la réussite de l'événement et de la libération des manifestants arrêtés et estime que «la société civile de Tichy venait de réaliser une grande action pour la liberté de manifester. Les associations ont apporté une contribution notable et certaines ont d'ailleurs manifesté leur soutien aux cafés littéraires de Tichy et d'Aokas dès les premières heures. La solidarité interassociative prend forme et se développera davantage à l'avenir». Pour rappel, une marche similaire, ayant mobilisé des milliers de personnes, a eu lieu en juillet 2017 à Aokas suite à une énième interdiction d'une conférence par les autorités locales. Venus de plusieurs autres villes du pays, les manifestants brandissant un livre ont dénoncé la censure et la répression policière qui s'était abattue une semaine auparavant sur le café littéraire de la ville.
Cet événement a d'ailleurs apporté quelques changements notables dans la région puisque certaines associations passaient désormais outre la demande d'autorisation pour la tenue de leurs rencontres littéraires.
Sarah H.
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