
M. Zeghmati a expliqué dans son communiqué sur l'affaire Sonatrach 2 que «si certes l'identité des personnalités algériennes, ministre ou cadres de la Sonatrach, visées dans cette affaire, a été clairement portée à la connaissance de l'opinion publique par les organes d'information nationaux et étrangers, la loi algérienne n'autorise pas l'autorité judiciaire à le faire avant leur inculpation officielle». A travers cette déclaration, l'identité des personnalités impliquées dans le scandale en question, est confirmée implicitement par le procureur de la République. Cette façon de procéder est assez subtile pour contourner la loi à laquelle le magistrat fait référence, sans lui faire d'entorse. Cependant, une question s'impose : la loi interdit-elle de divulguer l'identité des personnalités ou des personnes impliquées dans une affaire qui relève du droit pénal ' Manifestement, cette disposition concerne toute personne quel qu'en soit le niveau social et la responsabilité. Pourquoi la loi algérienne a-t-elle opté pour cette procédure ' S'il s'agit du secret de l'instruction, il est aisé de comprendre que certaines révélations peuvent nuire à l'enquête, mais pas toutes les révélations. L'identité des personnes impliquées dans une quelconque affaire criminelle est connue dès leur inculpation, sans pour autant que la présomption d'innocence ne soit affectée. Ces personnes sont jugées afin que l'accusation prouve ce qui leur est reproché. Dans le cas contraire, les accusés sont innocentés et sont rétablis dans tous leurs droits. Alors, s'il s'agit de protéger le secret d'instruction en taisant l'identité des personnes impliquées, notamment quand il s'agit d'affaire de corruption et de malversation de l'importance de celle de Sonatrach et d'autres affaires dont le volume du préjudice est immense, la disposition légale en référence, ouvre la voie à la spéculation et à la rumeur car l'opinion publique dispose déjà de bribes d'informations où se mêlent vérité et propagande. D'autant plus que dans ce genre d'affaire qui a des ramifications internationales, l'essentiel de l'information est déjà en libre circulation dans les médias étrangers et sur les sites Internet. A la suite de ce déballage médiatique, le silence officiel des instances judicaires et des institutions politiques s'apparenterait à un camouflage nuisible pour l'image du pays, de l'Etat et plus particulièrement de la justice. Souvent, ce silence assourdissant est assimilé à un mépris de l'opinion publique considérée, sinon comme attardée mentale, du moins comme mineure. Ce silence est aussi perçu comme une tactique de temporisation jusqu'à ce que les choses se tassent afin de classer une affaire où des noms de personnalités de hauts rangs sont cités. La loi n'est que l''uvre des hommes. A ce titre, l'abrogation de la disposition qui interdit la divulgation de l'identité des personnes impliquées dans des affaires de ce genre, s'impose. L'Algérie a changé et son opinion publique a évolué et devient de plus en plus exigeante en matière de transparence dans tous les domaines de la vie publique. Ce culte du secret qui caractérise les institutions algériennes est un autre problème sérieux auquel il est urgent de mettre un terme.
A. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Ghezali
Source : www.latribune-online.com