'L'intérêt des infrastructures de grande distribution, tel le centre commercial Uno, est qu'elles jouent un rôle de locomotive et de levier pour toute l'industrie et la PME pour s'associer de façon contractuelle avec les opérateurs de la grande distribution de manière structurée et pérenne', avait déclaré, à Bouira, le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, en marge de l'inauguration, le 14 septembre dernier, de Uno Shopping Center appartenant à Numidis, filiale du groupe Cevital.
Dans la foulée, il avait annoncé que trois autres projets similaires, proposés par d'autres opérateurs, ont été adoptés par le Conseil des participations de l'état. Pour l'instant, il existe quatre distributeurs, dont Ardis, Numidis, Family Shop et Galaxy, avait-il précisé. Lors du même événement, le P-DG du groupe Cevital, Issad Rebrab, avait estimé que 'c'est la grande distribution qui développera l'industrie', en ajoutant que pour les autres régions du pays, des projets similaires du groupe seront inaugurés à Mostaganem d'ici la fin de l'année et à Aïn Defla en janvier prochain. In fine, l'engouement que suscite chez les Algériens l'émergence des grandes surfaces signifie-t-il un regain de dynamisme économique et commercial, dû notamment à l'élargissement du champ de l'investissement privé national '
Tout le laisse croire, d'autant qu'après la fermeture des grandes surfaces étatiques durant les décennies 1980-2000, des pionniers algériens, à l'instar du groupe Cevital par le biais de sa filiale Numidis, et d'autres entreprises comme Blanky et Hardis pour ne citer que celles-là, ont, à leur tour, soit seules, soit en partenariat avec des enseignes étrangères, investi dans cette filière qui ne cesse de se développer. Ces investisseurs, en dépit des nombreuses contraintes qu'ils rencontrent dans la réalisation de leurs projets (l'absence ou l'insuffisance d'assiettes foncières, concurrence déloyale du fait du développement inconsidéré de l'informel, qui évolue en terrain conquis encouragé en cela par le laxisme des autorités, manque d'infrastructures de stockage, absence de centrales d'achats, etc.) continuent à affirmer leur volonté d'aller plus loin dans la couverture du territoire national en infrastructures de grande distribution, avec toutes les retombées économiques et sociales au niveau régional en termes de création d'emplois et de développement local.
Dans ce contexte, le président du groupe Cevital, dans un entretien accordé au journal français La Tribune, avait déclaré notamment : 'Nous allons ouvrir à l'horizon 2025 une dizaine de centrales logistiques d'achat, 1500 supermarchés et des moles.' à moyen terme, le même groupe envisage d'ouvrir 12 à 15 hypermarchés et de créer 3000 emplois directs. Dans le même temps, l'intérêt porté par les grandes enseignes commerciales internationales à investir dans un marché de plus de 36 millions de consommateurs bat en brèche les allégations qui voudraient faire accroire que la réglementation, qui impose aux grandes surfaces de réserver 30% de leurs aires aux produits locaux, ainsi que la 'rigidité' de la législation régissant l'investissement étranger dans notre pays, seraient un obstacle qui freinerait l'apport des capitaux étrangers. La preuve est apportée par l'ouverture de la première grande enseigne Uno City par la filiale Numidis du groupe Cevital en partenariat avec les suisses Vola Tris Group, qui a nécessité la mobilisation d'une enveloppe d'investissement de 70 millions d'euros. D'autres enseignes étrangères sont en voie d'investir en Algérie, tels l'allemand Métro ou le français Casino.
Le fait notable aujourd'hui semble être la convergence de deux facteurs décisifs qui ne manqueront pas de se traduire par des effets positifs sur le développement de la grande distribution. Il s'agit, d'une part, de l'importance des investissements privés nationaux et, d'autre part, de la mise en place d'un nouveau dispositif réglementaire (décret exécutif du 12 mai 2010) qui fixe les modalités ainsi que les conditions d'implantation et d'aménagement des espaces commerciaux, mettant fin à l'anarchie qui caractérisait cette filiale.
En dépit de tous ces efforts et de l'audace des entrepreneurs algériens, qui n'ont cependant pas encore fini d'essuyer les effets pervers du secteur informel qui représente 70% de l'activité commerciale nationale, ainsi que les diverses tracasseries bureaucratiques, la grande distribution dans notre pays accuse un retard considérable par rapport à nos voisins immédiats.
à titre d'exemple, la grande distribution contribue à concurrence de 12% du PIB au Maroc et 10% en Tunisie. Dans le cadre d'une étude réalisée par le cabinet américain AT Kearney portant sur l'évolution de la grande distribution dans 30 pays émergeants à 'fort potentiel pour le commerce de détail', l'Algérie aurait perdu 10 places en 2010 pour se positionner au 21e rang, loin derrière certains pays maghrébins. Est-il pensable de nos jours qu'une capitale comme Alger, qui frise les 5 millions d'habitants, ou d'autres mégapoles régionales telles qu'Oran, Annaba, Constantine, etc. soient si peu dotées en infrastructures de la grande distribution '
Un tel retard est d'autant plus préjudiciable que cette filière contribue activement à la création d'emplois, à la modernisation des équipements et infrastructures de distribution, aux apports financiers des collectivités locales via la fiscalité et donc d'apport au trésor public.
A. H.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A HAMMA
Source : www.liberte-algerie.com