Si le passage de Moustapha Abdel Jalil à la tête du Conseil national de transition (CNT) en Libye n'était pas exempt de critiques, il est quand même parvenu à réunir les Libyens autour de son pouvoir. Personne ne contestait l'autorité du CNT. En ces moments difficiles que traverse la Libye, l'ex-homme fort de Tripoli nous livre ses impressions.-Comment expliquez-vous cette contestation populaire grandissante à l'égard des milices '
Avec la multiplication des dépassements de la part des milices et la léthargie des appareils de l'Etat, il est normal que la majorité silencieuse sorte de sa réserve et réclame le retour de ces gens-là à la vie civile ou leur intégration aux structures organisées des troupes des ministères de l'Intérieur ou de la Défense. L'Etat de non-droit ne saurait être toléré par la population qui veut reprendre le rythme normal de sa vie et bénéficier des apports du départ de la dictature.
-Qui est, selon vous, derrière ces actes de violence à répétition en Libye comme ceux de Gharghour '
Il est vrai que les incidents de Gharghour font partie d'une série de violences similaires qui secouent la Libye de façon intermittente depuis la chute de la dictature. Je cite, à titre d'exemple, les incidents de Benghazi, Derna, Beni Walid ou encore Sebha, qui ont lieu ces derniers mois. De tels agissements sont perpétrés par ceux qui n'ont pas intérêt à ce que la Libye se stabilise. Je pense aux agents de l'ancien régime qui disposent encore de pouvoirs militaire et financier. Je pense également aux groupuscules islamistes extrémistes en liaison avec Al Qaîda. Il ne faut pas, non plus, écarter l'éventualité de manipulations de la part de groupes politiques voulant agir sur le cours des décisions du Congrès national général. La loi sur l'exclusion était le fruit de telles pressions? Donc, tout est possible.
-Le dialogue préconisé par le gouvernement Zeidan pourrait-il apporter la solution '
Le dialogue est certes nécessaire pour rapprocher les points de vue et réunir les Libyens autour des valeurs de la révolution. Toutefois, on ne dialogue pas avec ceux qui pratiquent l'extorsion et le chantage. La sécurité des Libyens ne saurait faire l'objet de marchandage. Il est donc nécessaire de disposer de force pour appliquer la Loi et imposer l'autorité de l'Etat. Le droit a besoin de se faire respecter, y compris par la force.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mourad Sellami
Source : www.elwatan.com