Deux ans après, le Printemps arabe n'est pas encore terminé.
Publié en décembre dernier par les éditions Ellipses, La face cachée des révolutions arabes est un ouvrage collectif auquel ont contribué 24 auteurs de différents horizons et de six nationalités différentes et dirigé par Eric Denécé directeur du Centre français de recherche en renseignement (CF2R). Il est destiné à aider à la compréhension de ce qui est communément appelé le Printemps arabe. C'est autour de ce thème que le Forum géostratégique du quotidien El Moudjahid et animé par le Pr Mohand Berkouk, politologue, a organisé hier un débat en présence de spécialistes.
On notera entre autres personnalités : Yves Bonnet, ancien patron de la DST, Eric Denécé, Richard Labévière (ancien journaliste de RFI et actuellement rédacteur en chef de la revue Défense), Majed Naâma (directeur d'Afrique Asie), Mme Saïda Benhabylès (sénatrice et ancienne ministre) et Si Afif, parlementaire. Mme Benhabylès qui a présenté le livre en question a rappelé les conditions qui ont présidé à la conception de ce dernier, expliquant que les visites effectuées par le groupe d'observateurs, dont elle faisait partie, en Libye et en Syrie ont fait germer cette idée. 'Nous avons vu et constaté une autre réalité que celle rapportée par certains médias à tendance. Nous ne sommes pas partis pour apporter secours à un dictateur mais pour faire un constat. Partout, les choses ont évolué et un visage différent est palpable aujourd'hui. On a accusé l'Algérie d'avoir envoyé des mercenaires en Libye. Nos recherches ont abouti à dénicher un seul cas dans une prison. Il s'agit d'un Algérien qui a quitté le pays depuis longtemps", dévoile la sénatrice. Yves Bonnet axe son intervention sur le rôle des médias dans la déformation de la réalité. 'Ce qu'a fait la chaîne qatarie Al-Jazeera n'est que pure imagination. On a assisté lors de notre mission à la formidable organisation de ce média qui n'a pas hésité à répandre le mensonge dès le départ. On inventait des bombardements et fabriqué une légende pour faire une mayonnaise qui ne voulait pas prendre", confie-t-il, affirmant que les vraies guerres sont gagnées par les médias avant de faire un coucou à la presse algérienne qui 'n'a jamais renoncé à sa liberté", considérant que celle-ci 'est la première condition de la démocratie".
Tour à tour, Richard Labévière et Majed Naâma démontrent le rôle par les monarchies du Golfe notamment l'Arabie saoudite et le Qatar dans le financement de ces révolutions concoctées dans les laboratoires d'organisations américaines. Optimiste toutefois, Majed Naâma rappelle que 'le régime syrien tient bon et pour preuve, aucune des 14 provinces de ce pays n'est contrôlée par les insurgés". Pour le député FLN Si Afif, la crise qui secoue certains pays arabes suscite quand même des inquiétudes véhiculées par le mouvement salafiste. 'Je suis pessimiste par rapport à ce qui se passe en Tunisie. J'ai eu personnellement à constater, lors de mes entretiens avec des émissaires américains, que ces derniers ont beaucoup de sympathie pour les Frères musulmans", dira-t-il, et de 'saluer à l'occasion la position du pouvoir algérien face à ces révolutions".
Sur l'éventuelle contamination de l'Algérie par cette crise, les réponses sont, à l'unanimité, négatives. 'Les révoltes ont chacune leur propre dynamique. Celles qui ont touché l'Egypte et la Tunisie sont assez similaires. Par contre, bien qu'ayant débuté de manière semblable aux deux premières, les révoltes libyenne et syrienne se sont rapidement transformées en guerre civile avec une ingérence étrangère ostensible. Il faut, néanmoins, souligner que les USA ont joué un rôle central dans tous les cas, même si dans les deux derniers la collaboration de certains pays de l'Otan (France, Grande-Bretagne, Turquie) et arabes (Arabie saoudite, Qatar) a été importante", fera observer l'un d'eux. 'Les pays occidentaux, aidés par des pays arabes collaborateurs, peuvent contribuer à changer les régimes et les gouvernements arabes avec un risque quasi nul de pertes humaines et un investissement très rentable. De plus, les pays occidentaux peuvent passer sans état d'âme, d'une approche non violente à une guerre ouverte sous l'égide de l'ONU avec les moyens militaires de l'Otan, tout en brandissant de temps à autre, l'épouvantail de la Cour pénale internationale (CPI)", notera un autre. Tout comme Yves Bonnet, Majed Naâma conclura que l'Algérie a fait son 'printemps" en 1988. Mais les 'intentions" au nord du Mali ne sont pas si rassurantes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Farès
Source : www.liberte-algerie.com