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La Colline oubliée ou le rêve brisé de l'assimilation DERNIERS JOURS DU COLLOQUE SUR MOULOUD MAMMERI



Les communications se sont poursuivies hier, deuxième et dernier jour du colloque sur l'oeuvre de Mouloud Mammeri organisé par la Maison de la culture de Tizi Ouzou. L'oeuvre monumentale de l'écrivain a été au menu de plusieurs intervenants qui ont évoqué des facettes, jusque-là inconnues, de l'écriture «mammérienne». En effet, de ces deux jours parsemés de communications très instructives pour les initiés de l'oeuvre de Mammeri, il s'est dégagé des idées nouvelles sur l'auteur de La Colline oubliée.
Contrairement à l'idée répandue à une certaine époque, l'oeuvre de Mouloud Mammeri n'était pas, comme l'a dit, Mohand Chérif Sahli, une oeuvre de la résignation, au colonialisme, bien entendu. C'est bien le contraire que beaucoup de conférenciers ont essayé de démontrer durant le colloque.
La Colline oubliée est le rêve brisé de l'assimilation. Le roman avait, en fait, fait éclater par son message, l'idée que le colonisé pouvait se fondre dans le monde du colonisateur. Oh, que non!
Le remède ramené de l'Ahaggar vers Tasga, dans la traversée, était l'écriture tifinagh.
Mammeri disait qu'elle était enfantine et gauche, mais c'est elle qui va faire renaître dans le monde de l'écriture thamousni, morte dans le monde ancien de l'oralité.
Le colloque a fait découvrir au public aussi que l'homme qui s'est consacré toute sa vie sur le maintien du souffle du monde ancien avait toujours eu un regard critique sur la tradition. Il considérait que l'on ne pouvait pas affronter le colonialisme en étant déjà aliéné par les traditions.
Par ailleurs, il est toujours bon de rappeler que les amousnaous sauvés du gouffre de l'oubli par Mammeri sont à présent des personnages universels. Youcef Oukaci, Si Mohand Oumhand et Cheikh Mohand Oulhocine sont, en effet, inscrits au département «Mémoire du monde» de l'Unesco comme personnages universels depuis 2005. Enfin, le colloque qui a duré deux jours a été salué par beaucoup de monde. La soif de savoir a amené un large public dans la grande salle de la Maison de la culture. Un public d'une grande diversité bien qu'essentiellement composé d'universitaires et d'étudiants.
D'autres catégories étaient aussi présentes. L'homme, qui venait de la colline oubliée, demeure toujours un centre d'intérêt pour les chercheurs, les étudiants et les artistes. C'est son travail qui a sauvé de l'oubli des poètes anciens.
Une matière indispensable pour que la société et l'histoire algériennes dans sa diversité soit écrite par les siens.
Enfin, il est à signaler que le colloque consacré à Mouloud Mammeri a beaucoup fait parler d'un autre monument de la littérature algérienne, Mouloud Feraoun. Jours de Kabylie est le miroir intime, pourrait-on dire, de La Colline oubliée.
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