La chute de Valence
Jacques Ier d’Aragon sous les murailles de Valence L’Andalousie fut confrontée au XIIIe siècle à des crises à répétition. Nul ne lui prêtait main forte dans le reste du monde musulman et les roitelets qui la gouvernaient démissionnèrent de leur responsabilité historique à l’égard de cette contrée musulmane qu’il leur incombait de préserver. La Reconquista espagnole avait déjà enlevé aux Musulmans une bonne partie de la péninsule ibérique et elle convoitait désormais les grandes cités musulmanes du sud de l’Espagne.Mais au lieu que cette menace réunît les dirigeants du pays autour du même objectif de repousser l’envahisseur chrétien, ils s’en allèrent rechercher protection et mondanités auprès de leurs ennemis, les priant, au prix de l’honneur, de la patrie, de la nation et de la religion, de les laisser sains et saufs et de les aider à vaincre le roitelet voisin qui leur disputait un lopin de terre. Rares furent les époques où les souverains musulmans firent preuve d’un aussi haut degré de veulerie, frisant souvent avec la trahison.
Valence (Balansiyah en arabe), ville côtière méditerranéenne, était l’une des plus grandes cités andalouses. Dans la première moitié du XIIIe siècle, le royaume qui porte son nom fut confronté à une crise sans précédent qui se transforma en révolte contre le souverain almohade local - du nom de la dynastie qui régnait alors en Andalousie -, Abû Zayd Ibn Abî ‘Abd Allâh Muhammad. Cette révolte ne se calma que lorsque Abû Jamîl Zayyân Ibn Mudâfi‘ prit les rênes du pouvoir et que le souverain déchu quitta Valence, mettant ainsi un terme à la présence almohade en Andalousie orientale.
Mais Abû Zayd n’avait pas dit son dernier mot. En quittant Valence en 1230, il fit ce qu’aucun esprit musulman ne pouvait imaginer. Il se rendit auprès du Roi Jacques Ier d’Aragon, lui prêta serment d’allégeance et signa avec lui un traité aux termes duquel il lui abandonnerait une partie des terres et des châteaux qu’il récupérerait si celui-ci le soutenait.
Comme si cet acte de trahison ne lui suffisait pas, Abû Zayd poursuivit dans la voie qu’il s’était choisi : il apostasia l’Islam, se convertit au Christianisme, s’assimila à ses nouveaux protecteurs et les aida activement dans leurs guerres contre les Musulmans.
Le Roi d’Aragon convoite Valence
Lorsque Abû Jamîl Zayyân s’installa sur le trône du Royaume de Valence, il s’activa à affirmer son autorité, à consolider son pouvoir, à étendre son territoire et à se venger des Chrétiens qui avaient ravagé son pays à travers leurs attaques récurrentes. Il fut en cela aidé par le fait que Jacques Ier d’Aragon, dit le Conquérant, était occupé sur d’autres fronts. Abû Jamîl profita donc de l’occasion présentée pour mener des campagnes militaires victorieuses sur les côtes du Royaume d’Aragon, durant lesquelles il réussit à prendre notamment la ville fortifiée de Tortosa, en actuelle Catalogne.
Lorsque Jacques Ier le Conquérant rentra de ses guerres contre les royaumes voisins, il commença à réfléchir à une nouvelle entreprise militaire qui le verrait s’emparer du Royaume de Valence et mettrait un terme à la menace permanente qu’il représentait. Cet objectif nécessitait des préparatifs très importants et une stratégie élaborée. Il était conscient que Valence ne tomberait entre ses mains qu’après l’avoir isolée des royaumes et principautés voisins, en veillant à ce qu’aucun de ces royaumes ne lui vienne en aide. Les ressources limitées de Valence en faisaient un État dépendant incapable de soutenir une longue résistance. Le Roi d’Aragon savait par ailleurs que les souverains musulmans en Andalousie orientale étaient profondément divisés. Charge à lui donc de savoir exploiter ces divisions.
A suivre ...
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com