Si tout ce beau monde finit par faire acte de présence le jour J, le cénacle sera certainement un grand acquis pour le combat démocratique des Algériens et pourrait même influer sur la suite des événements.Ce serait le plus grand rassemblement de l'opposition de ces cinq dernières années depuis la fameuse messe de Zéralda qui, en juin 2014, a vu nombre de représentants de courants politiques divers s'asseoir autour d'une même table et produire une plateforme où ont été consignées nombre de revendications consensuelles. Le 30 juin prochain, l'opposition dans ses diverses composantes (démocrates, islamistes et "nationalistes") se réunira de nouveau et tentera de redessiner un nouveau consensus dans une conjoncture bien exceptionnelle.
Certes, depuis le début de la révolution du sourire, certains partis et acteurs politiques ont pris l'habitude de se retrouver au siège du parti d'Abdallah Djaballah pour analyser l'actualité politique sans jamais déboucher sur une action concrète. Pour ratisser large, des démarches sont entreprises auprès des principaux partis d'opposition comme le RCD, le FFS ou Jil Jadid pour leur demander d'y prendre part et des invitations seraient d'ores et déjà envoyées à nombre de personnalités politiques jouissant d'un crédit certain sur la scène nationale, à l'instar d'Ali Yahia Abdenour, de Taleb Ibrahimi, de Rachid Benyellès ou encore de Djamila Bouhired, mais aussi des acteurs de la société civile. Celle-ci aura, entre-temps, tenu sa conférence, prévue pour samedi 15 juin 2019, après que ses principales figures ont pu s'entendre sur une feuille de route consensuelle.
Si tout ce beau monde finit par faire acte de présence le jour J, le cénacle du 30 juin sera certainement un grand acquis pour le combat démocratique des Algériens et pourrait même influer sur la suite des événements. Car, si les participants arrivent à sortir avec un texte consensuel qui traduira les principales revendications de la rue, le pouvoir paraîtra plus que jamais isolé et finira, tôt ou tard, par lâcher du lest. Un petit bémol, toutefois : il n'est un secret pour personne que parmi les habitués des réunions qui se tenaient au siège du parti d'Abdallah Djaballah, il y en a qui, à l'image d'Ali Benflis, ne sont pas insensibles aux thèses défendues par l'état-major de l'ANP quand ils n'en font pas la promotion.
Après avoir plaidé pour le départ des symboles du régime et surtout la nécessité de l'engagement d'une période de transition, l'ancien chef de gouvernement semble avoir changé de fusil d'épaule en prêchant désormais la nécessité d'un "compromis" et d'un "dialogue national". Aussi, d'aucuns ne s'empêcheront certainement pas de se demander si cette réunion du 30 juin ne sera pas utilisée comme tribune pour assurer l'après-vente à l'option du "dialogue inclusif'' et de l'élection présidentielle sans passer par une période de transition, défendue par l'actuel chef de l'Etat, Abdelkader Bensalah, mais aussi et surtout par la grande muette. Et c'est de bonne guerre. Mais il n'est pas dit que ces parties réussiront à imposer leurs vues aux autres acteurs qui, dans leur majorité, sont favorables à une période de transition comme réclamée, chaque vendredi et depuis 4 mois, par les manifestants à travers tout le pays.
Arab Chih
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arab Chih
Source : www.liberte-algerie.com