
- La Grèce et la zone euro sont parvenues, ce matin, à un accord éloignant le spectre du Grexit et permettant un rebond de l'euro face au dollar. Pourtant, les cours du brut s'inscrivent en baisse à l'ouverture des marchés. Comment cela peut-il s'expliquer 'En règle générale, la baisse du dollar entraîne effectivement une hausse des prix du pétrole et vice versa. Cela dit, l'effet potentiellement haussier de cette baisse le 13 juillet a été plus que compensé par des facteurs baissiers. Ceux-ci ont pour nom un très probable accord sur le programme nucléaire de l'Iran ? ce qui permettrait à ce pays de produire et d'exporter plus de pétrole ?, une production de l'OPEP en hausse (avec 31,7 millions de barils par jour en juin, elle serait à son niveau le plus élevé depuis avril 2012, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), une production pétrolière mondiale en hausse (même si les choses devraient changer au second semestre), des stocks pétroliers détenus par l'industrie atteignant un niveau record dans les pays de l'OCDE et le ralentissement économique en Chine, deuxième consommateur de pétrole derrière les Etats-Unis.Ces cinq facteurs ont un impact cumulé sur le marché pétrolier bien supérieur à celui de l'accord entre la Grèce et les pays de la zone euro. Le prix du brent pour le contrat d'août 2015 à Londres a donc baissé et ne dépassait pas 57,30 dollars par baril environ le 13 juillet vers 16h.- La perspective d'un accord sur le nucléaire iranien semblait pourtant être assimilée par le marché. Ne serait-ce pas plutôt la reprise des forages de schistes américains qui pèserait sur le marché 'Il y a eu beaucoup de rebondissements dans les négociations autour du programme nucléaire de l'Iran. La perspective d'un accord a pu être intégrée par les marchés pétroliers il y a quelque temps avant que des doutes ne resurgissent. Au moment où nous parlons, le 13 juillet, le fait que cet accord semble imminent a incontestablement pesé sur les cours du pétrole dans le sens de la baisse.Aux Etats-Unis, bien que les producteurs de pétrole de schiste résistent à la chute des prix, la production de brut (conventionnel, plus non-conventionnel) a légèrement baissé en mai, selon les dernières estimations du département américain de l'Energie, qui estime que la production de brut des Etats-Unis devrait baisser jusqu'à début 2016 au moins.- Quelles pourraient être les perspectives du marché au second semestre 2015 et en 2016 'Si l'on raisonne seulement sur la base des perspectives de l'offre et de la demande en lien avec les bas prix du pétrole, le second semestre 2015 et l'année 2016 devraient être marqués par plus de demande et un peu moins d'offre, ce qui serait bon pour les producteurs. Mais il faut tenir compte de plusieurs autres aspects, notamment la montée en puissance de la production et des exportations pétrolières de l'Irak en dépit d'une situation politique interne très délicate.Il y a aussi l'Iran, dont nous venons de parler. Si ce pays obtient la levée des sanctions qui le frappent, il pourra à nouveau avoir accès au marché européen, qui lui est fermé depuis la mise en place de l'embargo par l'Union européenne en 2012. L'Iran serait aussi en mesure d'acheter des équipements pétroliers aux pays occidentaux, de signer des contrats avec de grandes compagnies pétrolières européennes et de les inviter à investir en Iran. Tout ceci prendra du temps, mais l'Iran serait probablement en mesure d'augmenter sa production de 500 000 à 700 000 b/j dans un délai assez rapide.Pour le second semestre de cette année et pour 2016, une chose est claire : la demande pétrolière mondiale va augmenter. Par contre, pour l'offre, la situation est plus complexe. Elle devrait stagner ou décliner dans les pays non-OPEP mais l'Irak et l'Iran pourraient plus que compenser cette stagnation ou ce déclin.Ce sont là deux jokers clés sur le marché pétrolier pour le court et le moyen termes. On ne peut donc pas parier sur la remontée des prix du brut même si ce n'est pas exclu. Les pays producteurs doivent se préparer pour les deux scénarios, y compris celui, désagréable pour eux, du maintien des prix à un faible niveau jusqu'à la fin 2016.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Roumadi Melissa
Source : www.elwatan.com