Mila - A la une

L'investissement agricole à la traîne



Dans la wilaya de Béjaïa, investir n'est pas une simple affaire. Face à la bureaucratie, seuls les plus téméraires arrivent à mener au bout leurs projets. Pourtant, les orientations étatiques concourent toutes vers la nécessité d'encourager l'investissement.Les pouvoirs publics ne cessent d'inciter les jeunes à se lancer dans l'aventure, mais sur le terrain des difficultés apparaissent en raison des lourdeurs bureaucratiques qui se dressent sur le parcours de l'investisseur. Dans le secteur de l'agriculture, la situation ne diffère pas de trop. Cette réalité devrait être prise en compte. Une réunion de coordination et de suivi de l'état d'avancement du processus de recensement des périmètres agricoles au profit des jeunes porteurs de projets de micro-entreprises dans les zones agricole, rurale et forestière s'est tenue récemment au siège de la wilaya en présence du directeur de wilaya de l'Office national des terres agricoles et du directeur des services agricoles de Béjaïa. Le processus étant achevé, il est désormais question des équipements préalables à la réexploitation et leur octroi dans le cadre du décret exécutif n°21-432 du 4 novembre 2021. Un décret qui définit les conditions et modalités d'octroi des terres appartenant au domaine privé de l'Etat, pour réhabilitation dans le cadre de la concession afin de les affecter pour des projets intégrés, dédiés exclusivement aux jeunes
entrepreneurs et financés par l'Agence Nationale d'Appui et de Développement de l'Entrepreneuriat. L'accent a été mis au cours de cette réunion «sur le rôle stratégique du secteur agricole dans la diversification des ressources financières et la garantie de la sécurité alimentaire. Une stratégie qui a pour objectif de promouvoir l'emploi et d'appuyer les micro-entreprises, notamment dans son volet lié à l'accompagnement et à l'encouragement de l'entrepreneuriat des jeunes entrepreneurs», indique le communiqué de la wilaya. Mais sur le terrain la réalité est tout autre comme l'exprime assez bien ce jeune investisseur de Darguina. Un jeune ingénieur ayant bénéficie du soutien de l'Etat dans le domaine de l'élevage de chèvres laitières et devenu, én dépit des entraves qu'il subit depuis le lancement de son projet, le premier producteur de lait et de viande de chèvre dans cette région. Aujourd'hui encore, il attend toujours de voir son exploitation raccordée au réseau d'électricité. Soutenu par l'Etat avec un prêt de 5 millions de DA, ce jeune investisseur continue à recourir au système «D» pour assurer son activité en raison d'une bureaucratie qui bloque sa volonté de développer son projet en une industrie de fabrication de fromage de chèvre. « Depuis des mois, j'attends une décision qui me permettrait de m'approvisionner en aliments du bétail au prix subventionné, conséquemment je suis obligé quotidiennement de payer le fourrage à des prix forts», se plaint-il. Bien que sa demande soit bien ficelée, ce jeune investisseur attend toujours une réponse pour développer son projet agricole en fabrication de fromages traditionnels. Une longue attente. «Je ne suis pas seulement contrarié parce que je paie l'aliment au prix fort et que mon industrie n'est pas électrifiée, mais aussi parce que j'ai l'impression que je suis ignoré totalement», regrette-t-il.
La cas de ce jeune investisseur de Darguina n'est pas unique en son genre. Des cas similaires existent à perfusion à Béjaïa. Entre la volonté des pouvoirs publics de soutenir et d'encourager l'investissement et celle des jeunes porteurs de projets, le fossé est énorme. Il est fait d'une bureaucratie à décourager les plus optimistes.
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