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L'idée du consensus vole en éclats



L'idée du consensus vole en éclats
Les fuites organisées sur la révision de la Constitution sont assimilées à des ballons-sondes et à une diversion.Le texte de l'avant-projet de la Constitution serait soumis au vote d'un Parlement croupion, sans être soumis à l'approbation du peuple par référendum. L'idée du consensus tant attendu tombe ainsi à l'eau. L'ouverture d'un vrai dialogue politique laissera place à un statu quo et une rupture définitive entre le pouvoir et l'opposition.Dans ce contexte, le président du MSP, Abderezzak Makri, dont le parti siège à l'Instance de suivi et de consultation de l'opposition (Isco), a commenté sur sa page Facebook que «pour cause de diversion, de besoins de résoudre ses problèmes internes et pour soigner son image à l'extérieur, le pouvoir multiplie des fuites organisées sur l'adoption de la révision de la Constitution par les deux chambres du Parlement, ces dernier jours».Cela démontre, poursuit-il, que «le système politique qui reste fidèle à ses pratiques d'antan a échoué à réaliser le consensus». Et il n'y a rien d'étonnant à ça car, souligne-t-il «en usant de ses pratiques unilatérales révolues, le système n'a pas obtenu de résultats escomptés auprès de la classe politique qui a voulu assumer ses responsabilités vu les risques multiples qu'encoure le pays». «Le régime politique a bénéficié par le passé des facilités qui lui ont été accordées par les partis politiques en raison des crises politiques précédentes». Ces fuites sont assimilées à des «ballons-sondes». Aujourd'hui, dit-il «le pouvoir se sert de ce dossier de révision de la Constitution pour camoufler ses échecs répétitifs à réaliser le développement et à consacrer les libertés permettant aux Algériens de participer à une vie politique, sans fraude, impliquant une société civile utile et non celle qui se sert, à travers des actions et activités économiques dénuées des passe-droits, de la corruption, et du clientélisme». «Il n'existe aucun espace pour trancher la gestion des affaires publiques en dehors des cercles fermés. Ces centres opaques agissent en fonction des consensus et évolution des rapports de force au sein du système», est-il relevé. «Les décisions sont souvent prises en faveur de ses intérêts qui se situent à mille lieux de la transparence, principe fondamental de la bonne gouvernance», est-il indiqué. Ainsi, «par presse interposée, des ballons-sondes ont été lancés pour essayer d'avoir la réaction de la société et le retour d'écoute de la part de ses cercles», a-t-il souligné «Quels que soient les amendements de la Constitution, ils ne pourront rien contre ses dérives», a-t-il conclu.L'adoption du projet de la révision de la Constitution par voie parlementaire, de la même manière qu'en 2008, «verrouillera totalement le champ politique et perpétuera le statu quo», estime M.Douibi, secrétaire général du parti d'Ennahda et membre de la Cnltd. Pour l'opposition modérée à l'image du parti d'Aït Ahmed et du parti de Abdelmadjid Menasra, il y a l'absence de volonté politique pour réaliser le consensus. Menasra a rappelé avant-hier à Boumerdès la nécessité de parvenir à une Constitution consensuelle pouvant «engager le pays dans une nouvelle ère», en appelant le gouvernement à clarifier sa position sur la question. Cinquante ans après l'indépendance, pas moins de quatre Constitutions ont été promulguées. Au coeur d'enjeux politiques majeurs, elles sont supposées être le principal support dans le règlement des crises politiques et institutionnelles, selon les constitutionnalistes.En Algérie, la Constitution a toujours été un acte césarien relevant de la concession plutôt qu'un ensemble de règles consensuelles régissant effectivement la vie politique nationale. Aujourd'hui, l'enjeu des amendements qui seront introduits lors de la prochaine révision, est tout autre.


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