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L'hydrogène naturel



L'hydrogène naturel
Sorti en 2015, voilà un livre qui ne devrait certainement pas passer inaperçu ! Hydrogène naturel : La prochaine révolution énergétique ' C'est son titre, des auteurs Alain Prinzhofer et Eric Deville, tous deux géologues, s'interroge et répond avec fort arguments sur les possibilités réelles et favorables que pourrait offrir l'utilisation de l'hydrogène naturel dans le monde.Alors que le dérèglement climatique dû principalement aux émissions de CO2 est inéluctable et tandis que les déplétions des ressources fossiles s'accélèrent, l'ouvrage, grâce à son contenu assez riche, a le mérite de vouloir réconcilier dame nature avec l'action de l'homme. Une gageure en fait, mais pas impossible à réaliser, d'après les auteurs. Et même plus, A. Prinzhofer et E. Deville signent et clament en couverture, à propos de l'hydrogène naturel : «Une énergie inépuisable non polluante, ça existe !»Ce livre pertinent, car d'actualité énergétique cruciale, s'ouvre sur un extrait-citation optimiste de l'île mystérieuse, un roman de Jules Verne paru en 1875, «Oui, mes amis, je crois que l'eau sera un jour employée comme combustible, que l'hydrogène et l'oxygène, qui la constituent, utilisées isolément ou simultanément, fourniront une source de chaleur et de lumière inépuisable et d'une intensité que la houille ne saurait avoir...Ainsi donc, rien à craindre. Tant que la terre sera habitée, elle fournira aux besoins de ses habitants, et ils ne manqueront jamais ni de lumière ni de chaleur.» Avec cette prédiction, il s'en fallut de peu à l'auteur de Vingt mille lieues sous les mers pour devenir oracle et visionnaire.De l'hydrogène.... à la Pyrrhus !Les auteurs rapportent qu'au début des années 1960, quelques visionnaires ont cru poser les premiers jalons d'une économie basée sur l'énergie de l'hydrogène en promettant même des voitures qui rejettent de l'eau. Cette tentative provoqua un véritable désenchantement, car en lieu et place de l'hydrogène naturel, c'est de l'hydrogène synthétisé à partir d'autres sources d'énergie comme le méthane, le pétrole et à une moindre proportion le charbon, qui a été utilisé. Cet hydrogène artificiel, issu des ressources fossiles, sa production est plus polluante en CO2, énergivore et très coûteuse que l'exploitation directe de ces mêmes ressources carbonées. En somme, de grands moyens pour un résultat piètre ou des applications industrielles très maigres. L'armée de Pyrrhus a elle aussi été victorieuse, mais après décimation quasi totale de ses effectifs.Ils estiment également que faute de courage politique, les décideurs de ce monde n'agissent pas suffisamment ou pas du tout pour décomplexer une certaine vision consumérique de l'énergie dans ce monde. En plus du fait que l'adoption d'un nouveau modèle de consommation sensé par les gens n'est pas pour demain, ils relèvent aussi l'absence d'investissements conséquents dans les programmes de sensibilisation chez ces mêmes décideurs.Toutes ces raisons, donc, ont fait que le développement, l'exploitation exclusive et à grande échelle de l'hydrogène naturel n'allaient pas survenir. En cela, les auteurs citent l'économiste et prospectiviste Jeremy Rifkin qui, en 2012, déclarait : «Ce qui change durablement la condition humaine, c'est la conjonction d'une révolution de l'énergie et d'une révolution des communications.»L'hydrogène naturel, accessible partout dans le monde, mais...L'histoire de la présence de l'hydrogène naturel sur terre remonte essentiellement aux années 1970 grâce aux travaux scientifiques publics effectués dans le monde occidental et même avant cette date, en URSS. Aux Étas-Unis, dans les sédiments du Middle-West et à partir des années 1930, on signalait déjà son existence. Bien qu'on ait jamais eu à affubler Vladimir Larin et son fils Nikolay de larrons en foire, et bien sûr il n'y a pas de raison à cela, bien au contraire, il faut leur rendre hommage et leur reconnaître la découverte, en 2010, de l'émanation du gaz hydrogène un peu partout sur le socle de la Russie et probablement de bien d'autres lieux. Grâce à Google Earth, on perçoit nettement ces vapeurs d'hydrogène. Mais cet hydrogène naturel est-il facile à récupérer 'Les auteurs de ce livre, citant des experts, affirment que l'hydrogène naturel (gaz hydrogène) serait énergisant que s'il était fabriqué, car n'existant pas à l'état naturel sur terre. Ici, il est question de vecteur d'énergie, tout comme l'électricité pour laquelle on ne connaît pas de mines ou de gisements.Mais, diriez-vous, l'hydrogène devant l'électricité ne fait pas le poids en termes d'avantages pratiques et économiques. Le désintérêt donc pour l'hydrogène, toujours d'après ces spécialistes, a pour cause principale, le fait qu'il n'aplanira pas le problème énergétique, vu qu'il est considéré et assimilé à un simple vecteur énergétique.De plus et afin de permettre une substitution intelligente et rationnelle aux énergies fossiles carbonées, A. Prinzhofer et E. Deville recommandent un certain nombre de critères et de conditions dont doit se prévaloir cette nouvelle énergie : un coût similaire à celui des hydrocarbures, une innocuité ou plutôt sa moindre menace de l'équilibre écologique, ou son accès possible dans toutes les parties du monde à la majorité, sinon à toute la population mondiale sans que cela génère d'énormes frais de transport, et enfin la durabilité, du fait qu'elle ne soit plus fossile.L'hydrogène naturel pourrait être cette nouvelle énergie, car répondant à ces critères, même si des efforts de récupération et d'exploitation de ce gaz sont à consentir, concluent les auteurs.Même si ces derniers affirment, sans démordre, que l'hydrogène naturel en tant qu'énergie est abondant, non fossile, renouvelable et non polluant, ils relèvent, par contre, l'inexistence ou l'absence de cette ressource dans l'inconscient collectif et même parfois chez les scientifiques. Ils estiment, enfin, que l'humanité est condamnée à trouver de nouvelles sources d'énergie à cause de la raréfaction des énergies fossiles.La récupération, la dangerosité et les nombreuses applications de l'hydrogène naturelMisant sur l'abondance de cette matière, les auteurs du livre déclarent, cependant, que même sans inventaire précis des volumes, des capacités de production ainsi que du coût de récupération de l'hydrogène naturel, son utilisation dans l'industrie chimique est possible.Elle permettra même des économies substantielles et aura un impact favorable sur l'environnement.Enfin, l'éventualité de son exploitation à un coût accessible pourrait remplacer la production artificielle de ce gaz et par conséquent devenir une source d'énergie.Même s'il est admis que l'hydrogène en général présente une certaine dangerosité eu égard à sa grande diffusibilité et à l'onde de choc qu'il peut provoquer s'il explose mais, rapportent les auteurs, sa faible densité et sa propagation verticale en cas d'incendie et d'explosion, contrairement à l'essence par exemple, lequel dans les mêmes conditions s'enflamme au sol et horizontalement en brûlant tout sur son passage.En fait, ce qui principalement rend l'hydrogène dangereux est l'énergie minimale nécessaire pour qu'il brûle et s'enflamme dans l'air, mais comparé aux autres combustibles, les risques pendant son utilisation restent relatifs.Dans le registre des applications, les auteurs citent quelques domaines d'utilisation immédiate de l'hydrogène naturel, comme par exemple le raffinage, l'industrie de l'ammoniac et pourquoi pas la production de l'électricité ou inversement 'Et si Jules Verne avait raison !H. T.Hydrogène naturel — La prochaine révolution énergétique ' —, Alain Prinzhofer, Éric Deville, mai 2015, 183 pages, éditions Belin, Paris.
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