
Sacrifices n Et nous ne parlons pas des milliers de femmes emprisonnées par les Français, violées et torturées jusqu'à ce que mort s'ensuive. En ville et dans les campagnes.Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les femmes qui ont porté l'honneur de l'Algérie très haut sont nombreuses. Certaines se sont engagées dans les rangs de l'Armée de libération nationale et se sont battues comme des hommes au milieu des bombes et des fusillades. D'autres se sont engagées comme fidayiate pendant la Révolution.Quelques-unes en sont sorties, comme les 3 Djamila. C'est à dire Djamila Boupacha, Djamila Bouazza et Djamila Bouhired.Mais la plupart des fidayiates, telles que Hassiba Ben Bouali, sont mortes stoïques, murées dans le cas de Hassiba avec le petit Omar et Ali La Pointe dans une maison de la Basse Casbah.Et nous ne parlons pas des milliers de femmes emprisonnées par les Français, violées et torturées jusqu'à ce que mort s'ensuive. En ville et dans les campagnes.Selon certains chroniqueurs, des dizaines de mères de famille auraient été enfumées dans les grottes du Dahra par le général Pélissier, souvent avec leurs maris et leurs enfants.Le message est on ne peut plus clair : pour qu'elles n'enfantent plus d'autres Arabes.Par contre, le maire fasciste de la petite bourgade de Sidi Ali, près de Mostaganem, Cassaigne comme on l'appelait à l'époque, n'aurait enfumé dans les caves à vin de sa municipalité que des hommes. Le sinistre Johnson était connu pour son racisme et sa brutalité.Et en aucun cas nous ne pouvons oublier toutes celles qui ont servi de cuisinières et d'infirmières dans les djebels, abandonnant leurs études et promesses à un très bel avenir. Certes, toutes ces femmes qui ont mérité la reconnaissance de leur patrie ne peuvent en aucun cas faire oublier les sacrifices de leurs aînées ou les occulter sous prétexte de leur antériorité. Et la première d'entre ces femmes est bien sûr La Kahina, qui aurait vu le jour à l'est du pays, dans les Aurès, il y a au moins 3 000 ans.Des historiens pensent que 2 000 ans serait plus près de la réalité.Nous savons malheureusement très peu de choses sur elle sauf qu'elle était berbère, avait un immense courage et n'hésitai pas à affronter l'ennemi quel que soit son nombre.I.Z.Lla Fadhma N'SoumerCourage n «Dergaza» et fille de «Dergaz» Lla Fadhma N'soumer décèdera dans le Titteri et sa tombe se trouverait quelque part non loin de Médéa.Dans cette galerie de femmes guerrières, Lla Fadhma N'Soumer occupe certainement une place de choix.Et pourtant rien ne la destinait au départ à une telle ascension et à une telle renommée.Elle prendra les armes contre l'occupant français, défendra sa ville et s'opposera farouchement à l'avancée des hordes coloniales.Son courage et sa témérité feront le tour de la Kabylie qu'elle galvanisera.Sous la pression des forces ennemies, elle finira par s'allier à un grand chef de guerre du Titteri pour faire face à l'assaut d'une soldatesque que rien ne semblait stopper.«Dergaza» et fille de «Dergaz» Fadma N'soumer décèdera dans le Titteri et sa tombe se trouverait quelque part non loin de Médéa. Quand au chef de guerre du Titteri, il rendra l'âme en Kabylie, où il est enterré. Etrange ironie du sort. Plus à l'est, une autre femme pétrie de la pâte de ce pays entrera elle aussi dans la légende en sauvant des dizaines d'enfants et de vieillards d'un massacre colonial dans un village des Aurès. Son nom exact ne sera jamais retenu mais on l'appellera toujours «Oum El Bouaghi» «la mère des survivants»Ce village est aujourd'hui un chef-lieu de wilaya prospère et bien dans ses bottes. A l'ouest du pays, une autre femme fera parler d'elle aussi, mais dans un autre style :Kaïda H'lima. Pourquoi Kaïda ' Parce que la France coloniale a fait une entorse à son code de l'indigénat en nommant pour la première fois de l'histoire une femme au grade de Kaïd.Sauf que cette fois les conseillers du gouverneur d'Algérie s'étaient trompés de tout au tout.Non seulement la nouvelle Kaïda ne leur servira jamais de supplétif, mais elle fera tellement de bien autour d'elle parmi les musulmans qu'elle deviendra presque une icône et donc un danger pour la France. Ses interventions auprès des autorités coloniales ne se comptent pas.Ultime legs qu'elle laissera à une communauté qui ne savait pas où enterrer ses morts :un immense terrain près de Aïn Beïda qui servira de cimetière aux Oranais.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : I Z
Source : www.infosoir.com