Mila - A la une

L'Exécutif prépare leur mise en application



Près de sept mois après la mise en application des décisions d'interdiction à l'importation de près de 900 produits et consommables, le gouvernement tourne casaque. Ce jeudi, la loi de finances complémentaire 2018 est entrée en vigueur. Elle fixe de nouvelles mesures dites d'encadrement des importations. L'institution d'une taxe dite "droit additionnel provisoire de sauvegarde" applicable aux opérations d'importation de marchandises en est le moyen. Le taux de ce droit est fixé entre 30% et 200%. Aucune exonération ne peut être accordée au titre de ce droit. Il doit substituer désormais à la fameuse liste des produits interdits à l'importation qui a sorti de leurs gonds nombre de partenaires commerciaux du pays.Cette nouvelle façon de faire, que l'on peut assimiler à une tentative d'adapter le paquet législatif aux accords de libre-échange, vise à la fois de renchérir le coût des importations, de tenter des économies sur la facture des importations et de rendre la production algérienne plus compétitive. L'application effective des surtaxes sur l'importation est remise à plus tard. Le travail des commissions chargées d'établir une cartographie exhaustive de la production algérienne et la situation des filières industrielles ne fait que commencer. Le ministre du Commerce se réunit depuis quelques jours avec des responsables d'organisations patronales et d'associations professionnelles dans le but de faire le point sur l'état de la production nationale. "Ce qui nous manque c'est une cartographie exhaustive de nos productions ainsi que la situation de chacune des filières. C'est sur la base des disponibilités en produits locaux et des niveaux des besoins que sera fixé le barème des taxes. Ce à quoi vont aboutir les réunions que nous tenons avec le ministère du Commerce et celui de l'Industrie et des Mines", explique Kamel Moula, président du Ceimi (Club des entrepreneurs et des industriels de la Mitidja), contacté par Liberté. La révision du dispositif d'encadrement des importations "permettra à l'Etat de renflouer ses caisses, de protéger la production nationale et de ne pas léser le consommateur par-dessus tout", souligne notre interlocuteur. "Il faut prendre le temps nécessaire pour bien faire, pour mieux faire et pour que cette mesure soit efficace", suggère Kamel Moula. En choisissant le levier fiscal plutôt que les mesures administratives, l'Exécutif semble vouloir répliquer à certaines critiques assimilant les restrictions à l'importation à une "entrave au libre-échange". Un autre travail se fait simultanément au niveau du ministère de l'Industrie et des Mines où des enquêtes sur la situation des filières industrielles sont menées.
La CAP (Confédération algérienne du patronat) propose, elle, d'identifier des pistes de travail claires et d'évoluer vers des objectifs fixes tant en matière de régulation du commerce extérieur qu'en matière de protection des industries locales.
Son président, Boualem M'rakach, contacté par nos soins, dit plaider en faveur de la protection de la production nationale en permettant aux entreprises algériennes de disposer de leviers à même d'élever leurs niveaux de compétitivité. "L'institution d'un droit additionnel provisoire de sauvegarde ne fait que consolider l'action en faveur des entreprises. Reste à garder un ?il attentif sur l'état des finances publiques et les indicateurs macroéconomiques", pense le président de la CAP. Reste à savoir si l'idée de surtaxer les importations serait plus efficace que les mesures administratives. Le levier fiscal en attente de ses textes d'application.
Ali Titouche
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)