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L'Algérie de l'après-Bouteflika se trouve à une étape charnière



Crisis Group relève que les mesures répressives et autres prises par le régime n'ont pas entamé la détermination des manifestants. Au contraire, le mouvement de protestation n'a fait que s'amplifier.L'Algérie de l'après-Bouteflika se trouve à une étape charnière, a estimé le centre d'analyses International Crisis Group (ICG), dans un briefing, publié hier, intitulé "L'Algérie de l'après-Bouteflika : protestations grandissantes, signes de répression".
Pour Crisis Group, l'Algérie pourrait s'engager sur la voie de réformes substantielles et de mesures originelles capables de changer le système. Sans quoi, indique l'ICG, "le régime pourrait renouer avec ses tendances autocratiques et répressives". Ce dernier scénario, avertit le centre d'analyses, "finirait par entraîner l'effondrement du régime, mais le coût humain n'en serait que trop élevé". Crisis Group estime que le régime et les manifestants devraient s'attacher à la non-violence et lancer un dialogue visant à établir une feuille de route pour une transition que les protestataires, les dirigeants du système et les représentants des différents secteurs de la société accepteraient dans ses grandes lignes, pour éviter que la répression policière n'entraîne chaos et violence. "L'option la plus sûre et la plus raisonnable serait l'établissement d'un dialogue ouvert entre le régime et des représentants du mouvement sur les conditions d'une transition globalement acceptable", écrit l'ICG. Cette transition, ajoute le centre d'analyses, "prendrait en considération les préoccupations les plus immédiates des manifestants tout en garantissant au régime que des représailles ne le viseraient pas". Crisis Group reconnaît qu'"élaborer et mettre en ?uvre une telle transition tient de l'impossible", mais, souligne-t-il, "maintenant que l'Algérie s'est lancée dans l'après-Bouteflika, il ne semble pas y avoir de meilleure alternative". L'ICG relève qu'aux yeux des manifestants, le remplacement de Bouteflika par Bensalah, lequel a rapidement annoncé une élection présidentielle pour le 4 juillet, "était une insulte de plus".
Si cette décision était conforme à la Constitution, laquelle prévoit des élections dans les 90 jours suivant le départ du président en exercice, "les manifestants, qui tiennent les rues depuis le 22 février, y ont vu une man?uvre du régime pour dissoudre leur mouvement (hirak) et ignorer leur demande de refonte du système", analyse l'ICG. C'est le cas aussi de l'opération de lutte contre la corruption menée actuellement. "Au lieu de rassurer les manifestants sur la disposition des autorités à combattre le fléau de la corruption, que ce soit dans le camp des partisans de Bouteflika ou dans celui de ses opposants, beaucoup pensent que cette campagne anti-corruption est un prétexte pour que le régime reprenne pied, se lance dans une purge interne ou quelque chose de similaire, sans pour autant faire quoi que ce soit de concret, afin d'éradiquer la corruption en son sein même", précise le centre d'analyses. Crisis Group relève que les mesures répressives et autres prises par le régime n'ont pas entamé la détermination des manifestants.
Au contraire, le mouvement de protestation n'a fait que s'amplifier. "L'ensemble de ces développements incite les Algériens ordinaires à affirmer que le mouvement de protestation a atteint le point de non-retour. Le rythme des événements suggère qu'ils n'arrêteront pas de protester, même si la répression s'intensifie, tant que les autorités n'auront pas adressé des signaux clairs indiquant qu'elles sont prêtes à rompre avec le passé, même si les conséquences de cette rupture demeurent insaisissables", soutient Crisis Group.

Meziane Rabhi
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