Des chiffres qui donnent le vertige, ou plutôt le mal des profondeurs: 146 millions d'euros de pertes annuelles, plus d'un demi-milliard englouti depuis 2014. Mal en point sportivement, l'AC Milan, ancien géant du football européen, est aussi en grande difficulté au plan économique. "Nous avons hérité d'un club que nous avons sauvé de la faillite, ce qui aurait signifié la rétrogradation en Serie D".En prononçant cette phrase mi-octobre, Ivan Gazidis, l'administrateur délégué du Milan, s'est attiré les foudres des tifosi du grand club lombard, mais aussi de certains de ses anciens dirigeants. "Ce sont des choses à ne pas dire. Ou alors si on veut les dire, on va le faire aux chiottes et on ferme la porte", a répliqué Silvio Berlusconi, 30 ans de présidence et cinq Ligues des Champions avec le Milan.
Pourtant, les chiffres racontent effectivement un club en déroute financière, qui ne pourrait survivre sans l'injection massive de fonds par ses propriétaires, Berlusconi, puis brièvement le mystérieux homme d'affaires chinois Yonghong Li et aujourd'hui le fonds américain Elliott. En 2014, Milan a perdu 91 millions d'euros, puis 89 en 2015 et 75 en 2016. Les pertes ont continué avec 32 millions sur le seul premier semestre 2017 avant le grand plongeon:
126 millions sur la saison 2017-2018 et 146 millions pour 2018-2019. Intenable, la situation a été sanctionnée par l'UEFA qui, aux termes d'un accord avec le club, l'a exclu de la Ligue Europa à laquelle sa 5e place la saison dernière lui avait donné le droit de participer. Il faut dire qu'avec 560 millions d'euros de pertes en 5 ans, le club rossonero est à des années-lumière des normes du fair-play financier, qui prévoient un déficit maximal de... 30 millions sur trois ans.
Pour faire face à la situation, Elliott a dû injecter 265 millions d'euros de juin 2018 à juin 2019, a révélé lundi Paolo Scaroni, le président du club, lors de l'assemblée générale des actionnaires. "Le club est désormais stable", a pour sa part assuré Gazidis. Mais comment un géant comme le Milan, 7 fois champion d'Europe, 18 fois champion d'Italie, a-t-il pu se retrouver dans une telle urgence financière ' Sans doute justement parce qu'il se voit toujours comme un grand club alors qu'il n'a plus disputé la Ligue des Champions depuis la saison 2013-2014.
Dit autrement, Milan vit au-dessus de ses moyens. Moins attractif du fait de résultats sportifs moyens, le club voit son chiffre d'affaires stagner autour de 250 millions d'euros annuels depuis plusieurs saisons, alors que la Juventus dépasse désormais les 600 ME et que l'Inter, le voisin et rival, a franchi les 400 ME. Sur 2018-2019, les revenus ont même baissé, passant de 255 à 241M.
Dans le même temps, les coûts ne cessent eux d'augmenter. "Nous faisons des pertes parce que nous avons une masse salariale très élevée. Nous devons prendre un virage et ramener cette masse salariale sous contrôle", a ainsi jugé Gazidis lundi.
De ce point de vue, les derniers mercatos, menés par les duos Fassone-Mirabelli ou Leonardo-Maldini, ont lourdement pesé, les salaires de joueurs comme Bonucci, Higuain ou Bakayoko ou des transferts à près de 40M comme ceux de Piatek ou Paqueta semblant difficilement compatibles avec la réalité du classement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Red Sportif
Source : www.liberte-algerie.com