
Les cuves de 13 réacteurs nucléaires du Japon, dont celles de deux unités en service, ont été en partie forgées par le même fabricant que pour la tranche de Flamanville (France) où des anomalies de qualité de l'acier ont été détectées, a-t-on appris auprès des entreprises nippones concernées.Dans des rapports publiés en fin de semaine par les exploitants japonais de centrales atomiques, apparaît pour 13 réacteurs le nom Japan Casting & Forging Corp (JCFC) en tant que fabricant de la partie inférieure de la cuve ou du couvercle. Tokyo Electric Power (Tepco) indique ainsi que sont notamment concernées deux des quatre unités de la centrale Fukushima Daini, arrêtée car en partie endommagée par le tsunami de mars 2011. Ce site, dont le démantèlement n'a pas encore été décidé, est situé à une douzaine de kilomètres de Fukushima Daiichi, installation la plus durement touchée par la catastrophe et dont les six réacteurs sont condamnés.Dans le sud-ouest du Japon, les unités Sendai 1 et 2 (Kyushu Electric Power), deux des trois relancées dans l'archipel, sont aussi équipées de cuves en partie forgées par JCFC. Idem pour l'unité Ikata 2 (Kansai Electric Power), Takahama 2, Oi 1 et 2 ou encore Tsuruga 2, actuellement hors service. Les opérateurs de ces unités ont remis leurs documents vendredi à l'Autorité de régulation nucléaire qui leur avait ordonné de vérifier les noms des fabricants des pièces cruciales, dont le fond et le couvercle de la cuve sous pression. Des contrôles plus poussés vont désormais devoir être effectués pour les 13 réacteurs concernés d'ici au 31 octobre, selon l'autorité. Sur un parc de 42 unités (contre 54 avant l'accident de Fukushima), il n'y a actuellement que trois réacteurs opérationnels dans l'archipel, dont l'un, Ikata 3 (sud-ouest), vient d'être relancé mais n'est pas encore commercialement exploité. Les tranches Sendai 1 et 2, relancées en 2015, doivent être stoppées respectivement en octobre et décembre, pour une durée de deux à trois mois, afin de réaliser un entretien. Les vérifications demandées aux compagnies japonaises découlent de la découverte en France d'un défaut dans la composition de l'acier du couvercle et du fond de la cuve de l'EPR en construction à Flamanville. A la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française, EDF a dû mener des analyses dans ses 58 centrales en France et recensé ainsi 18 réacteurs dont les fonds des générateurs de vapeur fabriqués par Creusot Forge ou par JCFC pourraient être concernés par une anomalie similaire. Une compagnie rejette la demande d'un élu d'arrêt immédiat de 2 réacteursLa compagnie d'électricité japonaise Kyushu Electric Power a rejeté lundi la demande d'arrêt immédiat de deux des trois réacteurs relancés au Japon, requête formulée par le gouverneur de la région où sont implantées les unités concernées. Dans sa réponse, Kyushu Electric Power promet de calmer les craintes sur la sûreté des installations Sendai 1 et 2 en étant plus transparente vis-à-vis de la population. La compagnie refuse ainsi de se plier aux arguments de Satoshi Mitazono, élu de la préfecture de Kagoshima, qui avait demandé que les deux réacteurs soient stoppés pour la réalisation de nouveaux examens. Cette réponse est extrêmement décevante, a réagi lundi le gouverneur devant les caméras des télévisions.Kyushu Electric précise toutefois que, comme le demandait M. Mitazono, elle réalisera les examens voulus par ce dernier, mais qu'il faudra pour cela attendre la phase de maintenance de routine. Cette décision est le résultat d'un calcul de Kyushu Electric qui place ses bénéfices financiers devant la vie des gens. Ceci est tout à fait inacceptable, a réagi dans un courriel adressé Yuko Yoneda, de Greenpeace Japon. C'est la première fois qu'un gouverneur exigeait que soient arrêtés des réacteurs remis en exploitation après l'entrée en vigueur de normes durcies à la suite de l'accident de Fukushima en mars 2011. L'élu réclamait aussi la garantie d'une diffusion d'informations en cas d'incident ou accident.Les tranches Sendai 1 et 2, relancées en 2015 alors que la préfecture était dirigée par un autre élu, doivent dans tous les cas être stoppées respectivement en octobre et décembre, pour une durée de deux à trois mois, afin de réaliser un entretien obligatoire après un an et un mois de fonctionnement commercial. Sur un parc de 42 unités (contre 54 avant l'accident de Fukushima), il n'y a actuellement que trois réacteurs opérationnels dans l'archipel, dont l'un, Ikata 3 (sud-ouest), vient d'être relancé mais n'est pas encore commercialement exploité. Il ne le sera que dans quelques jours.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sara S
Source : www.lemaghrebdz.com