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Israël dans le piège de Ghaza



Israël dans le piège de Ghaza
La trêve « tactique » de 12 heures a volé en éclats. Elle se devait seulement de répondre aux exigences de la légitimation de la guerre contre la population palestinienne de Ghaza (1.100 morts et 6 000 blessés, majoritairement civils), assimilée par le haut-commissaire aux droits de l'Homme, Navanethern Pinay, aux « crimes de guerre », pour mieux occulter les causes profondes de l'occupation coloniale. Au pied du mur, l'« Etat voyou » souffre du splendide isolement imposé par l'opinion mondiale, totalement acquise à la légitimité de la résistance. Face à la forfaiture avérée de l'Occident, en crise de valeurs induite par le traitement discriminatoire des « droits de l'Homme » à double standard et la persistance du déni colonial, les armes de la résistance palestinienne réhabilitent les vérités historiques inaliénables du droit à l'indépendance et, dans le cas d'espèce, à la vie, occultées par le néo-apartheid génocidaire. « Aucune trêve humanitaire n'est valable sans retrait des chars israéliens de la bande de Ghaza, sans que les habitants ne puissent retourner dans leurs maisons et que les ambulances transportant les corps soient libres de circuler à Ghaza », a prévenu Fawzi Barhoum, le porte-parole du Hamas à Ghaza. L'arrêt de l'agression est présenté en préalable de toute médiation. Ce que demande Hamas, depuis le 15 juillet, jugeant incompatible la trêve durable avec la présence militaire israélienne. Une « trêve humanitaire » sera observée aujourd'hui à partir de 11 h GMT par les mouvements de la résistance, en réponse à la requête de l'Onu, selon le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri. Mais que vaut une prétendue trêve, violée dans le fond, par le siège en règle, établi par air, mer et terre ' Le prétexte grossier des 25 roquettes ne suffit pas pour expliquer la rupture de la trêve de la veille appréhendée comme un « engrenage » préjudiciable pour « un réel cessez-le-feu et l'ouverture de négociations » réclamés par Laurent Fabius. « Quelles que soient les raisons invoquées, rien ne saurait justifier les poursuites de tels affrontements sanglants », a souligné le chef de la diplomatie française. Le piège de Ghaza se ferme sur l'armée israélienne. Avec 43 morts dans ses rangs, elle subit son plus lourd bilan depuis la guerre contre le Hezbollah en 2006. Incapable d'atteindre, au bout de 20 jours de bombardements et de pilonnages intensifs, ses principaux objectifs militaires (le démantèlement de Hamas et la localisation-neutralisation des « tunnels offensifs » toujours actifs), l'offensive « Bordure protectrice » s'avère également ruineuse pour l'économie. Les effets sont perceptibles dans la crise du tourisme, frappé de plein fouet par la suspension des vols à destination de Tel Aviv, le ralentissement économique et le poids des dépenses exponentielles du budget de la Défense (430 à 650 millions d'euros, selon les estimations du gouvernement), plombant les finances publiques. La destruction de Ghaza coûte cher. Dans l'hypothèse d'une durée de 3 semaines, l'ancien directeur israélien du Trésor, Doron Cohen, évalue le coût de l'opération entre 1,17 et 2,16 milliards d'euros (une perte comprise entre 0,75% et 1% du PIB). L'Association israélienne des industriels a précisé, dans un communiqué, que les dégâts occasionnés par les roquettes de Hamas ont coûté 74,6 millions d'euros aux entreprises. Il devient alors patent que le cessez-le-feu permanent, inconcevable sans le retrait militaire israélien et la fin du blocus, profite à Israël désormais convaincu de la difficulté de la mission de neutralisation de Hamas. « Le Hamas a été durement touché, mais il n'a pas encore été détruit », a lancé sur Facebook le ministre israélien de l'Economie, Naftali Bennett.


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