L'intervention télévisée du président français ne semble guère avoir convaincu les Français et, sans surprise, des journaux ont pris note que M. François Hollande s'éloignait franchement de ses engagements électoraux. «Je ne suis maintenant plus un président socialiste. Je suis le président de tous les Français, le président de la France». Certains pourraient le reformuler en un «je suis socialiste» qui «fait comme la droite». Pas nécessairement mieux que la droite.
Le Mali a été le sujet où il semblait le plus à l'aise et le plus tranchant… Il a ainsi indiqué qu'il sera «intraitable» pour la tenue d'élections présidentielles avant la fin du mois de juillet 2013. La mise en garde et l'admonestation doublée d'une injonction adressée à ceux qui gouvernent à Bamako sont à peine atténuées par le démenti que la France cherchait des candidats pour la prochaine élection présidentielle au Mali. Il ne faut pas trop chipoter, la France a bien le «pouvoir» au Mali et cherche à passer le relais au plan militaire à l'Onu. Mais l'assurance du président français est-elle justifiée s'agissant du Mali ' La situation dans ce pays serait-elle plus prévisible que le chômage en France ou le déficit budgétaire de sorte qu'elle permette au chef de l'Etat français d'être «intraitable» ' Rien n'est moins sûr !
Le rapport du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, remis au Conseil de sécurité, le 26 mars dernier, dresse une image très différente de la situation dans ce pays avec près de 300.000 déplacés, 170.000 réfugiés, une généralisation de la pauvreté et un risque alimentaire pour 2 millions de personnes. Situation aggravée par les exactions que commet l'armée malienne sur le «retour» au Nord contre les «peaux claires» assimilées, sans autre forme de procès, à des terroristes. Le secrétaire général de l'Onu ne se fait d'ailleurs pas d'illusions. Ce contexte politico-social fait que même «quand l'intégrité territoriale aura été pleinement restaurée, de nombreux risques subsisteront en termes de sécurité, y compris des attaques terroristes, la prolifération d'armes, le trafic de drogue et d'autres activités criminelles». Et surtout Ban Ki-moon ne croit absolument pas possible d'aller au rendez-vous d'une élection présidentielle en juillet sur laquelle M. Hollande se dit «intraitable».
Pour le secrétaire général de l'Onu, les «conditions ne sont pas mûres pour la tenue d'élections libres, crédibles et paisibles». Et de fait, le processus politique censé aboutir à ces élections n'a pas été réellement enclenché à Bamako. Et encore moins en direction des populations du Nord qui ont la confirmation de ce qu'ils craignaient, à savoir que les politiciens maliens, sous l'emprise d'ailleurs des man'uvres et des intrigues du capitaine Sanogo, considèrent que l'intervention française a «réglé» le problème et qu'il n'y a rien à discuter. Or, comme le constate Ban Ki-moon, l'absence d'un processus de réconciliation pourrait entraîner «un regain d'instabilité et même des violences». Les assurances de M. Hollande sont loin de correspondre à cette lecture.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Saadoune
Source : www.lequotidien-oran.com