Les Bourses européennes ont terminé en baisse vendredi, rendues nerveuses par le regain des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, au lendemain d'une séance marquée par un fort rebond."Alors que les investisseurs commençaient à se dire que le plus dur était passé, le président américain joue la surenchère", ont noté les analystes de Aurel BGC. Donald Trump avait relancé l'offensive jeudi après la clôture du marché américain en menaçant d'imposer 100 milliards de dollars de nouvelles taxes douanières sur les importations chinoises. Quelques heures plus tard Pékin a répliqué en se disant prête à "aller jusqu'au bout" d'une guerre commerciale avec les Etats-Unis. Côté indicateurs, la parution du rapport mensuel sur le marché du travail américain n'a pas non plus rasséréné les courtiers, les créations d'emplois ayant ralenti plus que prévu en mars aux Etats-Unis.
Outre-Atlantique, la Bourse de New York creusait ses pertes à la mi-séance: vers 16h20 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average perdait 1,72% à 24.084,81 points, le Nasdaq cédait 1,12% à 6.997,04 points, et l'indice élargi S&P 500 reculait de 1,32% à 2.627,71 points.
"Les investisseurs regardent de nouveau avec inquiétude les va-et-vient entre Washington et Pékin", a relevé Art Hogan de Wunderlich Securities.
L'Eurostoxx 50 a reculé de 0,64%. Le CAC 40 de la Bourse de Paris a perdu 0,35% à 5.258,24 points, dans un volume d'échanges limité de 3 milliards d'euros. Vivendi a cédé 0,60% à 21,41 euros après avoir dévoilé sa liste de dix candidats au conseil d'administration de Telecom Italia (Tim).
Vallourec a reculé de 1,12% à 4,41 euros, après l'annonce de la signature d'un ensemble de nouveaux contrats.
Carrefour a baissé de 1,27% à 16,66 euros, alors que la direction a fait des propositions jeudi aux syndicats, après la forte mobilisation qui a perturbé des centaines de magasins le 31 mars. A Londres, le FTSE-100 a cédé 0,22% à 7.183,64 points.
Le secteur minier a figuré parmi les principaux perdants. Rio Tinto s'est enfoncé de 2,35% à 3.560 pence, Glencore de 2,12% à 351,15 pence, Anglo American de 1,61% à 1.618,40 pence et BHP Billiton de 1,50% à 1.388,80 pence. Les distributeurs de vêtements ont aussi passé une mauvaise journée, Marks and Spencer cédant 1,82% à 269 pence et Next 1,02% à 4.771 pence.
Côté hausses, le géant de la publicité WPP a continué de se reprendre, gagnant 2,11% à 1.162,50 pence. A Francfort, le Dax a perdu 0,52% à 12.241,27 points. Les constructeurs automobiles ont évolué en ordre dispersé: BMW a fini en hausse de 0,30% à 88,97 euros, alors que Daimler (-0,96% à 65,33 euros) et Volkswagen (-1,27% à 165,00 euros) ont reculé.
Lufthansa a enregistré la plus forte hausse du Dax sur la séance (+2,01 % à 26,35 euros).
Deutsche Telekom a fini à l'équilibre (-0,04% à 13,45 euros).
L'indice AEX de la Bourse d'Amsterdam a clôturé en baisse de 0,22% à 539,29 points.
Le sidérurgiste Arcelor Mittal a chuté de 2,15% à 25,54 euros et le fabricant de systèmes de lithographie ASML a perdu 1,71% à 161,20 euros.
Le groupe de médias et télécoms Altice a pris 3,37% à 07,00 euros et l'assureur ASR Nederland a grimpé de 1,42% à 35,76 euros.
A Milan, l'indice FTSE Mib a perdu 0,17% à 22.930 points.
Telecom Italia a réalisé la meilleure performance, gagnant 6,94% à 0,8532 euro, porté par l'entrée à son capital de la Caisse des dépôts italienne.
Suivaient Snam (+1,22% à 3,82 euros), A2A (1,21% à 1,58 euro) ou encore Moncler (+1,15% à 33,3 euros).
En revanche, Prysmian a cédé 4,37% à 24,72 euros, CNH Industrial 3,47% à 9,61 euros, Finecobank 3,32% à 9,66 euros et Buzzi Unicem 2,05% à 19,55 euros. L'indice Bel-20 de la Bourse de Bruxelles a cédé 0,49% à 3.870,07 points. Treize valeurs ont terminé dans le rouge, dont le groupe bancaire KBC qui a baissé de 1,49% à 70,16 euros. L'entreprise biopharmaceutique belge Ablynx est restée inchangée, à 44,56 euros. Et six ont progressé, dont le géant de l'énergie français Engie: +0,36% plus forte hausse de la séance à 14,05 euros.
A Madrid, l'indice Ibex 35 a perdu 0,60% à 9.682,8 points.
La première banque de la zone euro, Banco Santander, a perdu 1,11% à 5,34 euros, Bankinter 1,86% à 8,35 euros, BBVA 0,67% à 6,35 euros.
Le titre du géant du textile Inditex a fini en baisse de 0,57% à 26,04 euros. L'autre poids lourd, Telefonica, a limité sa baisse à - 0,13%, à 26,04 euros.
Le PSI 20 de la Bourse de Lisbonne a cédé 1,25% à 5.417,06 points.
Parmi les plus fortes baisses figurent le groupe de distribution Jeronimo Martins (-4,06% à 14,29 euros), la banque BCP (-2,20% à 0,27 euro) et le groupe diversifié Sonae (-2,22% à 1,09 euro).
A l'inverse, la holding Sonae capital a terminé dans le vert, progressant de 0,33% à 0,92 euro.
Wall Street victime du bras de fer entre Pékin et Washington
Wall Street a clos la dernière séance de la semaine en net recul, avec des pertes de plus de 2% pour ses trois grands indices, victime une nouvelle fois de la confrontation opposant les Etats-Unis et la Chine par le biais des échanges commerciaux et également des dernières déclarations du président de la Réserve fédérale qui ont bien contribué à aggraver ses pertes.
Il est probable que la Réserve fédérale doive continuer à relever les taux d'intérêt pour pouvoir maîtriser l'évolution de l'inflation, a déclaré vendredi Jerome Powell, à l'occasion d'une manifestation à Chicago, s'exprimant pour la première fois sur les perspectives économiques. Le président américain Donald Trump avait lui annoncé jeudi qu'il avait donné pour instruction au délégué au Commerce de préparer la mise en place de droits de douane supplémentaires sur 100 milliards de dollars de produits chinois de plus, amenant Pékin à menacer Washington de représailles. L'indice Dow Jones a perdu 574,46 points (2,34%) à 23.930,76 points. Le S&P-500 a cédé 58,37 points (2,19%) à 2.604,47 points. Le Nasdaq Composite a abandonné 161,44 points (2,28%) à 6.915,11 points. Le S&P-500 a terminé juste au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours après avoir bien enfoncé ce seuil qui est suivi de près par les analystes techniques. Sur l'ensemble de la semaine, le Dow a cédé 0,7%, le S&P 1,4% et le Nasdaq 2,1%. Les 11 grandes indices sectoriels du S&P ont fini dans le rouge, en particulier celui des valeurs high techs, qui lâche 2,53%, et celui des industrielles, qui abandonne 2,73%. L'indice des semiconducteurs de la Bourse de Philadelphie a cédé 3,1%; ce groupe particulier de valeurs doit à la Chine le quart à peu près de ses revenus. "Le marché ne réagirait pas de manière aussi négative à l'ensemble des nouvelles en général s'il n'était pas déjà en situation de vulnérabilité", a dit Jim Paulsen (The Leuthold Group). "Les valorisations ont augmenté, la liquidité financière se contracte et on a abordé l'année en étant un peu trop optimiste; ajoutons que les taux augmentent et que l'inflation fait de plus en plus peur". Il semble aussi que les investisseurs ont voulu réduire leur risque avant le week-end. "Lorsque le marché rétrograde, ça a souvent tendance à s'accélérer le vendredi; les investisseurs ne veulent pas prendre le risque de revenir lundi avec quelque chose qui se serait produit durant le week-end", a noté Rick Meckler (LibertyView Capital Management).
Brève accalmie
Les dernières déclarations de Larry Kudlow, le principal conseiller économique de la Maison Blanche, suivant lequel des négociations se poursuivent entre les deux pays et une statistique de l'emploi en demi-teinte, apaisante seulement en apparence pour ce qui de l'évolution des taux d'intérêt, ont permis un moment à Wall Street de réduire ses pertes. Mais l'accalmie fut de courte durée et le recul s'est accéléré après l'intervention du président de la Fed même si Kudlow a encore dit par la suite que le différend commercial entre les Etats-Unis et la Chine pourrait être aplani dans les trois mois, tout en ajoutant qu'il fallait prendre au sérieux les menaces douanières de Donald Trump. Les créations d'emploi aux Etats-Unis ont été en mars les plus faibles depuis six mois mais l'accélération de la hausse du salaire horaire va dans le sens d'un resserrement continu du marché du travail susceptible d'inciter la Réserve fédérale à poursuivre le relèvement de ses taux d'intérêt cette année. Pour autant, la hausse annuelle de 2,7% du salaire horaire moyen est en deçà des 3% nécessaires, de l'avis des économistes, pour porter l'inflation vers l'objectif de la Fed, qui est un taux de 2%. Le volume a été de 7,2 milliards de titres échangés, non loin de la moyenne des 20 dernières séances de 7,3 milliards. Le contentieux commercial des deux géants et la statistique de l'emploi ont pesé sur le dollar, qui n'a ainsi guère profité des dernières déclarations de Jerome Powell. Et si celles-ci n'ont pas ragaillardi le billet vert c'est parce que "le marché des changes est plus focalisé sur le différend commercial avec la Chine, qui risque bien plus de faire capoter la croissance américaine si on réfléchit aux conséquences pour l'économie", a expliqué Juan Perez (Tempus Consulting). Le recul du dollar a bénéficié en particulier au yen et au franc suisse, deux monnaies recherchées en période troublée, mais aussi à l'euro, cependant que l'indice du dollar a reculé lui de 0,4%.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ilyas A
Source : www.lemaghrebdz.com