Trois ans après l'installation de plusieurs unités de montage automobile, le ministère de l'Industrie et des Mines revient à la charge pour rappeler aux "constructeurs" leurs engagements contenus dans les cahiers des charges, à savoir d'assurer un taux d'intégration de 15% à la troisième année et 40% à la cinquième.
Dans une déclaration à la Radio chaîne 3, la ministre de l'Industrie, Djamila Tamazirt, a fait remarquer que "La plupart des constructeurs sont à la troisième année". La première responsable du secteur reconnaît, toutefois les difficultés, des constructeurs à atteindre ces objectifs. "Ce n'est pas facile de convaincre leurs partenaires de ramener leurs équipementiers et accompagner nos fabricants", a-t-elle noté.
Pour trouver des solutions à cette "non conformité" aux dispositions de loi, des négociations, "dans le cadre d'une démarche intégrée", sont engagées entre le ministère de tutelle et quatre constructeurs, à savoir Volkswagen, Renault, Peugeot et Kia.
Et aux fins de concrétiser les résultats et atteindre les objectifs de performance industrielle, la ministre de l'Industrie et des Mines a appelé à Alger à la mise en place d'une synergie entre les centres de recherche, les universités et l'entreprise pour concrétiser les résultats de l'innovation académique.
"Les centres de recherche et les universités, lieux d'innovation technique et technologique où
la veille stratégique et l'intelligence économique devraient occuper une place prépondérante à travers l'association des trois monde: l'entreprise, l'université et la recherche scientifique", a-t-elle indiqué dans une allocution lue en son nom par le directeur général de la veille stratégique des études et des systèmes au ministère de l'Industrie et des Mines, Bouaraba Youcef, lors d'un colloque international su "la veille stratégique et l'intelligence économique".
La ministre a considéré que les ingrédients pour améliorer les performances des entreprises en place, existent mais il reste à définir les méthodologies pour mettre en synergie les entreprises, les centres de recherche, les centres de formations, ainsi que les organismes d'appui sectoriel.
Evoquant l'environnement international actuel de l'entreprise, marqué par la fluctuation des cours de pétrole, la ministre a estimé que la relance des activités industrielles constitue l'un des piliers d'une stratégie de diversification économique pour sortir l'Algérie de sa dépendance aux hydrocarbures.
Elle a, cependant, rappelé que les entreprises étaient confrontées à un contexte de concurrence mondialisée et de l'explosion de l'innovation devenue un des critères de la compétitivité.
Soulignant l'importance d'un système de veille pour développer l'innovation et la compétitivité de l'entreprise et la prévention des risques, Mme Tamazirt a considéré que les exigences en matière d'information revêtent un caractère stratégique, tant pour l'entreprise que pour les institutions économiques.
Mme Tamazirt a jugé que les entreprises disposant de système de veille, possèdent "des capacités leur permettant de s'adapter au marché, d'anticiper les risques et les opportunités, ainsi que de contribuer à la prise de décision au bon moment".
Au niveau national, la ministre a expliqué que le développement de la compétitivité se traduisait par la mise en place d'un cadre législatif de la recherche scientifique mieux adapté grâce à la loi d'orientation sur la recherche scientifique et le développement technologique qui permet à l'Algérie de tirer profit des infrastructures de recherche, d'accéder au financement et d'acquérir les outils nécessaires pour l'innovation.
Au niveau sectoriel, a-t-elle poursuivi, la loi relative au développement de la PME a prévu une aide matérielle et immatérielle aux associations et groupement visant le renforcement de l'intégration des chaines de valeur.
Elle a rappelé que son département ministériel accompagne la mise en place de dispositif de veille et d'intelligence économique et l'établissement d'un système d'information à cet effet.
"Il s'agit de s'appuyer sur l'expertise nationale en coordination avec tous les acteurs", a-t-elle expliqué, assurant que plus de 180 cadres ont été formés à cet effet. Ces compétences, a-t-elle ajouté, devraient être encouragées pour prendre en charge la veille de manière professionnel afin de sécuriser et de pérenniser l'activité de l'entreprise.
La ministre a, enfin, souligné que l'organisation de ce forum permet d'offrir aux acteurs économiques l'opportunité de se rencontrer d'examiner et d'échanger les idées sur les démarches et les bonnes pratiques en matière de dispositif de veille et d'intelligence économique, invitant toutes les entreprises à collaborer pour la réussite de cette opération.
Le Colloque international sur la veille stratégique et l'intelligence économique, qui s'étale sur deux jours, devrait aboutir, grâce à la contribution des chercheurs et experts, à définir les axes stratégiques en matière de veille et d'intelligence économique de manière à apporter leur contribution au développement économique et social du pays.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelouahab Ferkhi
Source : www.lemaghrebdz.com