
Les premières cargaisons de gaz américain sont acheminées vers le marché européen. Quel impact aura cette nouvelle donne sur le marché mondial du gaz ' Comment vont évoluer, selon vous, les coûts et prix du gaz 'Le gigantesque complexe américain de liquéfaction de Sabine, 2 fois la capacité du complexe d'Arzew GL1-Z, entre en fonction et sera suivi par trois grands autres, Carybe (2017), Cameron (2018) et Lake Charles (2022), puis par 3 autres méga-usines de GNL en cours de construction. L'offre américaine de GNL va passer de 5 mmt/an en 2015 à 60 mmt/an (soit 90 milliards de mètres cubes/an) en 2020.Du fait des nouvelles installations de GNL entrant en production, particulièrement en Australie et aux Etats-Unis, l'offre en GNL sera supérieure à la demande entre 2017 et 2022. Ainsi, elle passera de 268 mmt/an en 2015 à 355 mmt/an en 2020.Les coûts américains sont de l'ordre de 2,5 dollars/million BTU. Les coûts variables US pour les livraisons de GNL à l'UE sont de l'ordre de 4 dollars/mm BTU. A titre d'exemple, les coûts des investissements des nouvelles usines algériennes de GNL, Saipem Arzew et Kellog Skikda, de faibles capacités relatives, sont le double des coûts d'usines similaires, y compris celle de Guinée équatoriale, pays «exotique» dont le pouvoir à une réputation sulfureuse en matière de corruption.Pour le GNL algérien, le problème de la rentabilité se pose depuis longtemps, il devient encore plus critique et ne doit son salut qu'à la relative absence de comptabilité analytique. Les prix du gaz dans le monde étaient spécifiquement régionaux, de l'ordre de 15 dollars/mm BTU en Asie (Japon, Corée), 8 dollars/mm BTU en Europe et 4 à 5 dollars/mm BTU aux Etats-Unis.Ce sont des prix moyens, différenciés selon l'utilisation (résidentiel ou génération électrique ou industrie). Cependant, depuis peu, ces prix ont convergé vers un prix mondial évoluant entre 5 et 8 dollars/mm BTU, d'où un sérieux problème de compétitivité pour le gaz algérien.L'Algérie est concurrencée sur son marché traditionnel qu'est le continent européen. Quelles seront les conséquences sur ses parts de marché 'Ces dix dernières années, l'Algérie avait continuellement perdu ses parts de marché, que ce soit aux Etats-Unis avec l'énigmatique affaire Statoil en relation avec nos «épiciers gaziers» ou en Espagne avec nos «amis» qataris et égyptiens. A l'avenir, tout dépendra du calcul économique. On gardera nos parts de marché, si on oublie les aspects de rentabilité et de profitabilité, un peu comme en 1999. On les perdra, si on applique la vérité des coûts et des prix.Quelle stratégie devrait être mise en application, selon vous, par l'Algérie pour tenter de faire face à cette nouvelle réalité 'Il n'est jamais trop tard pour bien faire. D'abord, séparer l'entité Sonatrach pétrole de Sonatrach gaz. Ensuite, dans Sonatrach gaz, respecter la règle de Pareto (les fameux 80/20) et séparer la gestion de Hassi R'mel du reste des gisements, surtout que le gaz de Hassi R'mel revient à une dizaine de centimes de dollar alors qu'il s'élève a plus de 4 dollars /mm BTU au sud d'Adrar.Enfin, avant de parler exportation de gaz, en fait de la vulgaire vente, il faut penser à exiger la valorisation industrielle du GNL avant toute opération à l'exportation. C'est ce qui se fait dans le monde entier.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zhor Hadjam
Source : www.elwatan.com